Publié par : Marie | 16 décembre 2012

Un an de lait

Il y a maintenant plusieurs mois, j’étais revenue sur un mois de lait…

M aura un an vendredi. Un an de lait. Un an de sourires, de progrès, de passage du dos sur le ventre et inversement, de tenue assise, de premières carottes, pommes, fraises, lentilles, andouillettes, et toutes autres choses comestibles. Elle se met debout, marche en se tenant aux meubles, aux murs ou à nos mains, d’ailleurs elle se tient de moins en moins.

En grande partie grâce à Lila (que je n’avais jamais remerciée pour ses articles sur le sujet, mieux vaut tard que jamais, merci Lila !), j’ai commencé à proposer à M des livres il y a trois mois environ. Au début elle voulait surtout les mâchouiller, puis nous les avons lus ensemble, et en ce moment elle se prend de passion pour le fait de tourner les pages, et me montre des choses. Là, le papillon, là, le chat, là, l’ange. J’ai pris un abonnement à la médiathèque municipale la semaine dernière, je pense que ça deviendra un de nos quartiers généraux à toutes les deux. La boucle est bouclée, j’ai passé une grande partie de mon enfance dans la bibliothèque municipale qui était au coin de la rue. J’y suis retournée récemment, les bibliothécaires me reconnaissaient encore et ont été ravies de rencontrer la petite M — qui a, elle, été ravie d’explorer le fonds documentaire !

Les livres sont ses jouets préférés en ce moment, notre nounou l’appelle « l’étudiante ». Elle aime aussi les peluches et poupons, et notre chat, elle veut leur faire des câlins. Elle reconnaît les chats dans ses livres, et veut leur faire des câlins aussi ! Et elle fait évidemment plein de câlins à sa nounou et à sa petite camarade de garde. Elle aime beaucoup la piscine aussi, nous y allons régulièrement, et elle commence à avoir une technique pour avancer dans l’eau en battant des bras et des jambes quand son père ou moi la tenons, c’est efficace à défaut d’être orthodoxe !

Elle aime la musique, elle déride les vieilles dames à la messe et dans le bus, elle bouge en rythme sur Jay-Z, elle est chatouilleuse, enthousiaste, courageuse, intrépide.

Et moi, je suis la (seule) mère aux bébés nageurs qui fait téter son bébé en sortant du bassin alors qu’elle a 8 dents et marche presque, et qui la porte en écharpe. (poke @CaroLaCheChe). Une hippie dans mon quartier 🙂

Merci M pour une année pas seulement de lait, mais aussi de découvertes, de câlins, d’amitiés, de « on-s’en-fout-de-ce-pensent-les-gens », de jeux. Je suis très fière d’être ta maman. Je t’aime. Joyeux anniversaire ma chérie.

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Publié par : Marie | 25 novembre 2012

Le contrôle interne, ce qu’il est, ce qu’il n’est pas

Après un long silence, lié essentiellement à des journées de travail-bébé-métro etc. qui s’obstinent à ne durer que 24h, me revoici pour, j’espère, plus qu’une apparition.

Ceci n’est pas réellement un blog « boulot », cependant un boulot j’en ai un, de l’espèce prenant et intéressant. Et méconnu, enfin je crois. Donc j’avais envie d’en parler. Si j’en ai le temps et la motivation, ça donnera une petite série de billets…

Dans un billet qui commence à dater un peu, Doudette s’interrogeait sur l’affaire Kerviel, ce qu’elle révèle de la morale au travail, de l'(in)efficacité des systèmes de contrôle interne.

Il se trouve que je suis consultante en gestion des risques. Mes clients sont tous des entreprises du secteur financier au sens large (banques, compagnies d’assurance, gestionnaires d’actifs). Je tiens également à préciser que la Société Générale n’est pas un de mes clients et ne l’a jamais été. Je n’ai donc aucune connaissance des dysfonctionnements spécifiques de cette banque.

« La question de la confiance au travail » se pose, dit Doudette. Dans mon métier une phrase très courante est « la confiance n’exclut pas le contrôle ». Le contrôle interne, en l’occurrence.

Le contrôle interne est une notion très précise dans les entreprises. Il dispose d’un cadre de référence, le COSO (je vous invite à consulter l’article de Wikipédia sur le sujet, succinct mais correct). Le COSO définit le contrôle interne comme « un processus mis en œuvre par les dirigeants à tous les niveaux de l’entreprise et destiné à fournir une assurance raisonnable quant à la réalisation des trois objectifs suivants :

– l’efficacité et l’efficience des opérations,

– la fiabilité des informations financières,

– la conformité aux lois et règlements. »

Mais encore ?

On remarquera que la lutte contre la fraude fait bien partie des objectifs du contrôle interne (dans ses composantes « information fiable » et « conformité aux lois »), mais n’en est pas l’objectif premier. « Il ne faut pas expliquer par la malveillance ce qu’on peut expliquer dans l’incompétence » : la simple erreur, commise de bonne foi, est beaucoup plus fréquente que la fraude dans les entreprises… C’est avant tout elle que le contrôle interne vise à prévenir et/ou détecter et corriger.

« Ce que dit l’arrêt sans le dire, c’est que la banque aurait du voir… mais qu’elle n’a pas vu et n’est donc pas responsable. Ce que je me demande, moi, très cyniquement, avec ma psychologie à deux balles, c’est ok, mais c’est qui, la banque, celle qui aurait du voir ? Où sont les yeux de la personne morale ? Où est son âme ? Sa conscience ? » (Doudette)

Le COSO a une réponse à ça : le contrôle interne n’est, fondamentalement, pas une fonction de l’entreprise (comme le serait une fonction comptable, une fonction achats, etc.) mais un processus ; il y a très souvent des services de contrôle interne dans les entreprises, mais le contrôle interne n’appartient pas qu’à ces services, de la même manière que beaucoup d’entreprises ont un service de gestion de projets mais mènent quand même des projets dont les services « métiers » sont responsables, le service de gestion de projets apportant son appui et sa compétence spécifique sans se substituer aux métiers.

Le service de contrôle interne a généralement pour missions : de mettre en place le contrôle interne (par exemple en créant des référentiels de risques et de contrôles partagés au sein de l’entreprise, et en allant les « vendre » aux opérationnels), de l’évaluer régulièrement (plusieurs moyens sont à sa disposition, ce sera l’objet d’un autre billet), de mettre à jour régulièrement ce système de contrôle, compte tenu par exemple de nouvelles lois, ou d’incidents qui ont pu se produire et qui font penser que le système actuel n’est pas pertinent.

Les contrôles eux-mêmes sont, dans un système bien conçu, décentralisés au niveau le plus pertinent et intégrés dans le travail quotidien des opérationnels. Par exemple, un contrôle très classique qui vise à s’assurer que l’entreprise a été livrée de ses achats avant de mettre en paiement la facture correspondante sera attribué au responsable de l’entrepôt : c’est lui qui reçoit les livraisons, il est le mieux placé pour faire ce contrôle. (dans un prochain billet également, comment s’assurer que ce responsable d’entrepôt ne fait pas régler par l’entreprise des factures fictives de faux fournisseurs pour se constituer un 13e mois…).

Donc, chère Doudette, l’entreprise qui aurait dû savoir, elle n’est pas du tout sans visage : ce sont les responsables directs du fraudeur qui, dans le cours de leur activité quotidienne, auraient dû prévenir ou détecter la fraude. Les contrôles qu’ils réalisent seraient ressortis en « défaillant » (rouge), l’information serait remontée au service de contrôle interne, qui aurait pu analyser la situation et décider d’y aller voir de plus près et/ou de lancer des actions correctives.

Quant à la question de pourquoi le système n’a pas fonctionné… Encore une fois, je ne connais pas le contexte de la SG. Mais ce qui me frappe dans la fraude de Kerviel, c’est son incongruité. Un salarié qui fraude, à une si grande échelle, même pas pour enrichissement personnel…

Les contrôles qui existent dans les entreprises existent pour se couvrir contre des risques qui ont été identifiés, répertoriés, quantifiés. Le contrôle n’est jamais conçu comme une fin en soi ; il permet d’atténuer un risque. Je pense qu’un fraudeur du type « Kerviel » a un comportement trop irrationnel pour avoir été prévu en amont. Les risques de fraude que les entreprises identifient et cherchent à couvrir sont souvent beaucoup plus simple : les salariés qui changent des RIB de fournisseurs pour mettre le leur à la place, ou qui volent des marchandises… Donc fatalement, les contrôles visent ce type de risques, qui sont les plus fréquents / probables. Puisque, évidemment, les entreprises ont des ressources limitées, pour les contrôles comme pour le reste, et qu’elles cherchent donc à les utiliser pour couvrir les risques majeurs en priorité.

Dans un prochain billet également, comment identifier les risques majeurs 🙂 (là j’ai un bébé qui se réveille et veut des câlins…)

Publié par : Marie | 25 juillet 2012

Les bébés sont des scientifiques

Le père de M et moi sommes fascinés. Evidemment, je ne vais pas vous refaire mon couplet de mère juive, notre fille est fabuleuse, intelligente, douée, drôle… Mais je pense que c’est beaucoup plus large que notre fille, les bébés en général me semblent des gens fascinants.

J’observe tous les jours M qui regarde le monde, l’étudie avec beaucoup de curiosité. Elle fait des hypothèses, puis elle les teste pour vérifier ses théories, et elle apprend des choses ! Toute seule, sans que nous fassions rien de plus que répondre avec bienveillance à ses demandes.

Il y a quelques semaines, elle portait beaucoup les choses à sa bouche pour les étudier, et les tétait. Nous avons assisté à Mme Bébé prenant le doigt de son père, le fourrant dans sa bouche et tétant avidement. Au bout d’une ou deux minutes, elle lâchait le doigt et regardait son père, dépitée. J’aurais juré que son regard voulait dire « comment ça, pas de lait ? »

Elle nous observe beaucoup dans la vie quotidienne, et veut souvent nous imiter. Dans le bain, je lui ai montré comment faire « splash » avec sa main, elle m’a regardée attentivement, et puis s’est mise à faire « splash » aussi, en riant. Elle aime recommencer souvent les mêmes expériences, en vérifiant que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Taper avec ses mains sur le plateau de la chaise haute fait du bruit. ça en faisait hier aussi, c’est génial !

Nous l’emmenons souvent à la piscine, elle aime beaucoup ça et bouge bien dans l’eau, très à l’aise, très naturellement. Du coup j’ai remarqué qu’elle tente de transposer sa manière de se mouvoir dans l’eau à la terre ferme. Quand elle essaie de ramper elle se met sur le ventre et agite les bras et les jambes comme les enfants dans ces illustrations de « comment apprendre à nager la brasse sur un tabouret »…

Elle a compris très vite comment manger de la nourriture solide. La pédiatre nous avait avertis que les bébés refusent souvent la cuillère au début, en faisant « brr brr » et éclaboussant tout autour d’eux. Pas notre bébé ! Elle nous regarde manger, donc à la première approche d’une cuillère elle a ouvert grand la bouche et avalé sa purée avec plaisir. A la deuxième cuillère, elle voulait déjà attraper le couvert pour manger toute seule ! Et maintenant nous pouvons lui donner des moitiés d’abricot, son fruit préféré, elle les prend à deux mains et les tète avec application jusqu’à ne laisser qu’un peu de peau.

De même avec la boisson. Son père lui a montré comment tenir son biberon toute seule, et très peu de temps après, alors que je buvais un verre d’eau à côté d’elle, elle m’a pris le verre des mains, l’a porté à sa bouche et a bu dedans très naturellement. Elle ne maîtrise pas encore la technologie « incliner le verre à bon escient pour accéder au liquide sans tout se renverser dessus », mais elle y travaille !

La nounou est sur la même longueur d’ondes que nous : elle laisse M faire des expériences tant qu’il n’y a pas de danger. Du coup elle lui donne de l’eau dans un verre, la laisse goûter les fruits. Elle m’a raconté que, récemment, la voyant manger un pamplemousse, M en a réclamé et a beaucoup aimé ça.

Notre dernière découverte en date a été très drôle : en fait, M est chatouilleuse. Sa réaction quand son père l’a chatouillée était adorable : elle a ri sous l’effet des chatouilles, et juste après elle a continué à rire, étonnée par son propre rire spontané, réponse instinctive à une situation nouvelle.

J’aime beaucoup cette étape de son développement, elle progresse à vue d’oeil et s’enchante elle-même de ses progrès.

Publié par : Marie | 24 juin 2012

Les barrières à l’entrée

Pour une entreprise, se trouver sur un marché qui présente des barrières à l’entrée est un très bon plan : cela permet de limiter la possibilité pour de potentiels nouveaux entrants de venir la concurrencer. Les barrières à l’entrée peuvent être de natures très diverses : une licence onéreuse pour avoir le droit d’opérer sur le marché (taxis, téléphonie mobile), effets de réseau créés par l’entreprise déjà installée (réseaux sociaux par exemple, pourquoi s’inscrire sur un nouveau réseau social si tous ses amis en utilisent un autre déjà en place), conditions d’approvisionnement avantageuses du fait d’être déjà un « gros », alors que les nouveaux entrants doivent acheter au prix fort (grande distribution), etc.

Mais pour des individus ? Je trouve que, de plus en plus, on s’impose à soi-même (et on se fait imposer par son entourage) des barrières à l’entrée délirantes pour les choix de vie les plus personnels. Se marier ? Ah oui, on aimerait bien, mais on ne transigera pas sur moins que l’Idéal du Mariage Bourgeois (TM) avec Châââteau, Châââpeaux, Chaaampagne, Traiteur, 200 invités, photographe professionnel, voiture de collection pour conduire les mariés de la mairie à la réception, etc etc. Donc on n’a pas les moyens. Donc on s’empêche de vivre un événement dont on aurait envie, on s’empêche d’avancer en tant que couple, parce que d’abord il faut réunir des moyens matériels invraisemblables.

Je conçois très bien qu’on puisse rêver d’un mariage super-parfait et donc attendre un peu. Mais si ce qu’on veut vraiment, c’est se marier, je trouve dommage d’attendre juste pour des questions financières quand en fait un mariage moins cher (et pas forcément moins sympa) est tout à fait organisable.

J’ai la même impression avec les enfants. Des gens autour de moi qui aimeraient bien des enfants, mais on les a persuadés que, pour avoir un enfant, il faut absolument d’abord être en CDI tous les 2, avoir atteint un poste à responsabilité sinon la maternité empêchera d’avancer, être propriétaire de son appartement, lequel doit comporter une ou plusieurs chambres d’enfant, avoir une voiture, et surtout acheter plein de gadgets.

Et puis une fois qu’on a des enfants, c’est bien connu, plus rien n’est simple. Il faut renoncer à toute vie sociale, acheter une poussette-tank qui interdit de prendre les transports en commun, stériliser tout ce qui pourrait entrer en contact avec l’enfant, se préparer à dormir par tranches de 3 heures, préparer exclusivement des petits pots maison à base de légumes bio, qu’on donnera 30 grammes par 30 grammes au bébé…

Ben, euh… non. Pas forcément. On a aussi le droit d’être à l’arrache, de ne pas entrer dans des critères à la con, de se débrouiller comme on peut. On a le droit d’être détendu et de s’amuser avec son bébé. On a le droit de le laisser goûter à la nourriture familiale quand il en a envie (oui, même des morceaux, même à 6 mois), d’allaiter longtemps, ou pas du tout, de trouver les choses qui nous conviennent à nous et pas aux magazines parentaux et aux annonceurs de produits pour bébés.

Marre des barrières à l’entrée. Oui, avoir un enfant présente des contraintes, ça demande parfois des sacrifices. Mais tous nos parents l’ont fait, c’est pas l’ascension de l’Himalaya, et la perfection n’est pas de ce monde.

(sur un sujet connexe : ce long article en anglais sur « pourquoi les femmes ne peuvent pas réussir professionnellement à un haut niveau ET mener une vie de famille. ça a déjà suscité des débats très enflammés aux Etats-Unis, j’attends avec impatience – ou pas – la traduction en français pour réentendre les mêmes débats dans la langue de Molière…)

Publié par : Marie | 12 juin 2012

« Elle fait ses nuits ? »

Environ trois fois par semaine, une personne bien intentionnée quelconque (collègue, co-maman de garde partagée, copine sans enfant…) me demande : « alors elle fait ses nuits ? » ou « alors, les nuits, ça va ? ». Parfois, ce n’est même pas une question, c’est juste la vantardise du parent fier à base de « le mien, il dort de 19h à 9h du matin ! ».

Eh bien non, M ne fait pas ses nuits. Pire que ça, ça ne me dérange pas qu’elle ne fasse pas ses nuits, elle y arrivera bien un jour, tout roule. Et je ne veux pas de vos conseils à base de laisser pleurer et arrêter d’allaiter, merci bien.

Une copine m’a fait prendre conscience qu’en fait, le monde entier n’est pas ligué contre moi, demander si elle fait ses nuits c’est une manière de prendre de ses nouvelles, surtout venant de gens peu familiers des enfants qui ne vont quand même pas demander si elle remplit bien ses couches, alors ils demandent si elle dort, histoire de dire quelque chose.

Du coup, j’ai réfléchi à des réponses possibles au fameux « elle fait ses nuits ? ». En fonction de l’interlocuteur et du niveau d’exaspération…

Mère indigne : « Ben non, mais en même temps c’est pas étonnant, on a dû trop l’emmener dans des bars peut-être ? »

Mère vantarde : « Non, mais elle sait boire dans un verre ! »

Mère noyant le poisson : « On l’a emmenée à la piscine, elle adore, on va l’inscrire aux bébés nageurs ! »

Mère réaliste : « En même temps tu connais beaucoup d’adultes qui font leurs nuits ? »

Mère indigne, bis : « Non, pourtant on essaie plein de trucs, il faut peut-être lui mettre un peu de vodka dans son biberon ? »

Mère opportuniste à la machine à café : « Noooon, c’est aaaaaffreux, j’en peux plus ! Tu me paies un café, s’il te plaît ? Oui voilà, espresso avec deux sucres, merci »

Mère revancharde : « Non, heureusement, parce que si elle dormait autant que le tien, avec mes horaires de travail je ne sais pas quand je la verrais ! »

Mère fatiguée qui ne veut plus argumenter : « Eh bien oui, elle fait ses nuits »

Vous avez d’autres idées ?

Publié par : Marie | 10 juin 2012

Sauvez un petit prématuré, donnez du lait !

Petit billet rapide, par manque de temps pour écrire sur d’autres sujets, et pourtant ce ne sont pas les idées qui manquent…

Le lactarium de Paris a lancé un appel au don de lait : en effet le lait maternel est l’aliment indispensable pour nourrir les bébés prématurés dans les hôpitaux, dont le système digestif ne supporte pas encore autre chose. Comme pour le sang, c’est un produit rare, qui ne peut pas être synthétisé, et les hôpitaux dépendent donc de la générosité de donneurs (donneuses, dans le cas d’espèce) bénévoles. Pour avoir un ordre de grandeur, en Ile-de-France le besoin de lait est de 6 000 litres par an.

La Poule pondeuse a écrit un billet un peu ancien mais très informatif sur le lactarium, je vous encourage à le lire.

A la suite de cet appel au don, j’ai appelé le lactarium qui m’a donné quelques informations complémentaires. Notamment, en raison de la pénurie de lait, ils acceptent désormais le lait des mères d’enfants de moins d’un an, contre six mois en temps normal (eh oui, la composition du lait change avec la croissance du bébé, donc le lait d’une mère de « grand » bébé est moins adapté à un prématuré).

Je leur ai demandé également ce qui advenait du lait une fois récupéré, j’avais entendu dire que certains lactariums le lyophilisent, ce qui lui fait apparemment perdre certaines de ses propriétés. La puéricultrice à qui j’ai parlé m’a dit que le lait (qui doit être congelé par la donneuse) est conservé congelé, soumis à des analyses puis décongelé au moment de l’utilisation et administré tel quel au bébé.

Il est demandé aux donneuses volontaires de s’engager à fournir au moins 100 ml par jour. Le lait est récupéré à domicile par un collecteur, tout le matériel (y compris le tire-lait et les pastilles de stérilisation) est fourni.

J’ai donc fait de la place dans le congélateur, et expliqué à M qu’elle allait bientôt avoir des petits frères et soeurs de lait…

Pour en savoir plus sur le lactarium et le don de lait : c’est ici.

Publié par : Marie | 15 avril 2012

L’allaitement sans peine

La grossesse c’est merveilleux, et l’allaitement est un plaisir.

Voilà ce que beaucoup de femmes autour de moi se plaignent de trop lire. Selon elles, ce genre de discours donne des espoirs irréalistes, tant et si bien que la jeune ou future mère est toute dépourvue quand ça ne se passe pas aussi bien pour elle.

On n’a pas tous la même expérience des choses. Quand j’ai commencé à lire des choses sur la grossesse et les bébés, j’ai eu l’impression de ne trouver que des histoires d’horreur sur : les nausées, la prise de poids, la fatigue, l’accouchement, encore la fatigue, et surtout les mille et un obstacles à l’allaitement. Et j’ai trouvé ça pas motivant du tout. Limite, ma réaction était « je signe où pour le stock de 6 mois de lait en poudre ? »

Je pense que ce qui m’a convaincue d’allaiter, c’est un peu le bouquin d’Elisabeth Badinter (mais oui), un peu mon mari qui a insisté pour que j’essaie au moins (il a tenté la même technique pour les choux de Bruxelles, mais avec moins de succès), et un peu la sage-femme qui animait le cours de préparation à l’accouchement consacré à l’allaitement.

Badinter, parce que ce qu’elle évoque des nourrices du XVIIIe siècle (et du taux de survie des enfants qui leur étaient confiés) donne juste envie de faire absolument l’inverse pour son enfant. Mon mari parce que c’est quelqu’un de positif qui me donne envie de sortir un peu de ma zone de confort. Et la sage-femme parce que ce qu’elle nous disait de l’allaitement en donnait l’image de quelque chose d’assez simple. Pas « simple » comme dans « vous n’aurez aucun problème », plutôt « simple » comme dans « c’est une pratique assez naturelle, adaptée à la vie quotidienne, qui n’oblige pas à apprivoiser dix mille articles de puériculture et à compter des minutes et des millilitres ».

Donc voilà. Certes c’est bien de ne pas s’illusionner, mais ça ne sert à rien non plus de tout voir en noir.  Comme il faut de tout pour faire un monde, voici mon histoire d’allaitement à la cool, avec de vrais morceaux de réunions familiales, travail et transports en commun dedans.

J’avais lu des histoires de bébés qui tètent dès la sortie du ventre de leur mère. La mienne, non. Se blottir, faire des câlins, oui volontiers, mais quand je lui ai timidement proposé le sein Madame n’était pas intéressée. Tant pis, ça attendra. Finalement c’est une gentille puéricultrice, Marie-Pia, qui est venue me montrer comment la mettre au sein. M a commencé à téter et… j’ai étouffé un cri de douleur. Les dix premières secondes ça a fait vraiment mal. Ensuite on est restées là la puéricultrice et moi, fascinées, à observer cette petite grenouille qui tétait avec enthousiasme, en coordonnant parfaitement ses mouvements. Glou, glou, glou, glou. Sur la fiche de suivi des tétées-changes-siestes, la puéricultrice admirative a noté : « 16h, sein gauche. A très bien tété ». Elle avait l’air vraiment impressionné.

Marie-Pia, merci. Vous  ne vous en doutez sûrement pas, mais votre annotation a été un énorme accélérateur de confiance en moi, immédiatement et tous les jours qui ont suivi, j’y repense encore souvent. Qu’une professionnelle qui connaît bien l’allaitement, et bienveillante en plus, trouve qu’on s’y prend bien M et moi du premier coup, ça voulait dire que tout se passerait bien, qu’on gérerait bien toutes les deux en s’adaptant au cas par cas.

J’ai eu des crevasses la première semaine et plus jamais depuis, un engorgement une fois que j’ai résolu toute seule en quelques heures. J’ai cru que des problèmes nous attendaient au tournant quand la pédiatre a trouvé que M ne grossissait pas assez. Et à la visite suivante elle était revenue dans la médiane des courbes de croissance, où elle se prélasse depuis. Et quand j’ai cru être obligée de la sevrer, je me suis aperçue, un peu étonnée, que progressivement j’en étais venue à adorer allaiter, et que je souffrirais beaucoup d’arrêter.

Les tétées sont aussi et surtout des moments de câlins, de sourires mère-fille. Le lait c’est important, le câlin l’est plus, surtout pour la dernière tétée du soir qui nous sert aussi de « moment calme » avant de dormir. On partage quelque chose qui n’est qu’à nous deux, tout comme le bain est un moment père-fille chez nous.

La nuit je me réveille avant elle, quand je l’entends qui cherche à téter, encore à moitié endormie. Aucune de nous deux n’a à se réveiller complètement, je n’allume pas de lumière (merci l’éclairage de l’écran de mon téléphone), elle tète et s’endort au sein, ou juste après, et moi aussi je me rendors très vite. C’est important parce que les premiers temps après la naissance de M j’avais besoin de chaque minute de sommeil que je pouvais grappiller… et d’ailleurs mon entourage s’accorde à dire que je ressemble beaucoup moins à un zombie que ce à quoi ils se seraient attendus. Je vais le prendre comme un compliment 🙂

Pas de quantités à mesurer, d’intervalles à respecter, de biberons à stériliser ou à chauffer, rien de particulier à emmener en balade. J’ai allaité chez des amis, à la terrasse d’un café, dans des restaurants, des trains, des bus. J’ai allaité en parlant à ma fille, et puis parfois en lisant mes mails. J’aime penser que d’avoir sa source de nourriture toujours prête à portée de main contribue à faire de M le super bébé très cool, adaptable et pas pleureur qu’elle est.

Je vois bien la différence quand elle prend du lait artificiel, d’ailleurs : elle a plus souvent mal au ventre (le lait artificiel est moins digeste, et son tube digestif n’est pas encore complètement fini), et au niveau des couches… euh… disons qu’en termes de quantités et d’odeur le lait maternel est largement préférable !

Tout n’a pas toujours été idyllique, mais j’ai appris qu’avec un peu de patience et en nous faisant confiance à toutes les deux, on était capables de s’en sortir comme des chefs. Et sans acheter dix mille machins de puériculture.

Aujourd’hui M tète à la demande quand on est ensemble (le matin, le soir, la nuit, le week-end, les vacances). Le reste du temps elle prend des biberons de lait maternel, et un biberon par jour de lait artificiel. Je n’étais pas très confortable avec l’idée de la laisser toute la journée avec une nounou, et j’avoue que je le vis mieux en sachant qu’elle peut profiter de mon lait même en mon absence. Et pour le tirage ? Finalement j’ai abordé le sujet avec mon boss, prudemment. « Ecoute, voilà mon allaitement se passe super bien et j’ai envie de continuer encore quelque temps. Du coup je vais tirer mon lait. J’aurai besoin d’une ou deux fois 20 minutes par jour pour le faire, est-ce que ça pose problème ? ». Ben non, ça ne pose pas problème, d’autant moins que mon temps de travail est flexible, je suis évaluée aux résultats et pas à la présence. Du coup, les jours où j’anticipe davantage de choses à faire je prends un sandwich le midi, et le temps gagné sur la pause déjeuner m’a toujours permis jusqu’ici de finir mon travail ET de tirer mon lait.

Financièrement… je ferai un autre billet sur le sujet prochainement, parce que la comparaison biberon-sein n’est pas si évidente à calculer, mais je peux affirmer que, dans mon cas, j’ai déjà rentabilisé l’allaitement.

Tout ça pour dire que l’allaitement peut être agréable, pratique, compatible avec une vie normale de femme qui travaille. ça peut aussi être un allaitement mixte, et surtout ça doit s’adapter aux besoins et aux désirs de chaque duo mère-bébé. Si un jour je trouve mon organisation actuelle trop lourde, j’en changerai. Je passerai peut-être à des biberons en journée en ne conservant que les tétées du matin et du soir, ou pas de tétée du tout. Mais comme dit mon mari, ça vaut le coup au moins d’essayer.

Publié par : Marie | 11 avril 2012

La petite fille et le train

Il était une fois une petite fille qui aimait beaucoup les trains. Elle avait pris le train pour la première fois à l’âge d’un mois pour aller rendre visite à sa famille et elle avait été fascinée par le trajet en métro pour rejoindre la gare, les panneaux d’affichage, les sièges, le défilement du paysage…
Ses parents avaient pris des places de première classe pour être tranquilles et lui avaient montré les arbres et les villes. Elle avait tout observé avec de grands yeux curieux, et puis elle avait pris un petit snack et fait une sieste après toutes ses émotions.

Quelques temps plus tard, un long week-end s’est annoncé et elle a repris le même TER avec ses parents. Pour le trajet retour, elle s’est blottie contre sa maman chérie dans l’écharpe de portage, en attendant de pouvoir être déposée sur un siège, toujours en première classe, parce que ses parents voulaient qu’elle soit au calme. Le train est arrivé en gare, et à sa grande surprise elle n’est pas allée en première classe : ses parents et elle sont restés dans le couloir, coincés entre d’autres malheureux passagers et des valises.
Notre petite fille avait fait la connaissance du surbooking…

Elle a aussi fait la connaissance de l’absence de climatisation (ben oui, dans le couloir) et d’insonorisation. Elle a failli rencontrer violemment la porte de séparation entre deux wagons, à la faveur d’un couple de vieux qui l’ont ouverte sans ménagement à 2 centimètres de sa tête.

Un siège ? Pour un petit bébé de trois mois ? Vous n’y pensez pas, les passagers installés se sont bien gardés de se lever. Le contrôleur, s’il y en avait un, devait probablement se cacher de peur de rencontrer ce père de famille que nous avons aperçu sur le quai en train de faire une crise de nerfs et de hurler sur la SNCF. Sans oublier les dizaines de passagers restés sur les quais, aux arrêts suivants, tant le train était plein comme un œuf.

Finalement, un gentil voyageur lui aussi coincé dans le couloir a fait de la place à notre petite héroïne et sa maman en les laissant s’asseoir sur sa valise. Par je ne sais quel miracle, notre fille chérie a dormi comme un sonneur pendant 1h30 de cahots.

Voilà ma petite chérie, on te présente la SNCF et sa conception du service public. Et par la même occasion, on te présente les gens, les négligents, ceux qui s’en foutent, et les généreux aussi. Merci monsieur.

Publié par : Marie | 31 mars 2012

Recrutez des mères !

La deuxième semaine de mon retour au travail vient de se terminer. Je n’étais pas sûre de ce sur quoi j’allais travailler, et finalement je retrouve la même équipe, le même client et les mêmes sujets, mais un peu plus de responsabilités. Notamment, je vais faire le suivi des temps et de l’activité de toute l’équipe. Ce n’est pas très exaltant, mais c’est important parce que c’est ce qui donne lieu à la facturation — pour avoir du pouvoir dans une organisation, mieux vaut se placer le plus près possible du cash — et parce que ça permet aussi d’anticiper les sur- ou sous-consommations par rapport au budget que notre client nous accorde. Si on sous-consomme, il nous faut identifier pourquoi et éventuellement prioriser nos chantiers, et si on sur-consomme il faut voir à qui/quoi c’est imputable et s’il est possible de négocier une rallonge budgétaire.

L’aspect commercial de mon job me plaît de plus en plus. Quand j’ai commencé il y a bientôt deux ans et demi, ça me semblait de la bête cuisine interne administrative, mais maintenant je trouve ça passionnant parce que ça permet de comprendre toute l’organisation du cabinet et de nos clients. ça tombe bien, parce que identifier des trucs à vendre à nos clients et parvenir à les vendre sera une des choses les plus importantes qu’on attendra de moi si je deviens manager (c’est une promotion à laquelle je peux prétendre au mieux dans deux ans, d’où le « si » mais je suis très motivée).

Pour l’instant le principal enjeu concernant ma carrière est de savoir si j’obtiendrai la (petite) promotion que je vise en juin. A priori j’ai de bonnes chances : tout le monde est content de mon travail, j’ai été mieux notée que mes collègues jusqu’à présent, j’ai travaillé comme d’habitude (en quantité et en qualité) pendant ma grossesse et n’ai même pas pris de congé pathologique. Mais bon, je n’ai « pas fait une année complète ». Grr.

Je pense honnêtement que j’aurai ma promotion, et en tous les cas je me battrai pour l’avoir, mais ça me désole que le congé maternité soit un sujet. Je ne veux pas être promue « malgré » mon congé maternité. Ce n’est pas une faute professionnelle, pourquoi faudrait-il que je compense quoi que ce soit ?

Tout le monde a toujours cette vision de la grossesse et de la maternité comme handicapantes pour les femmes qui travaillent. Oui, effectivement, on s’absente pendant quelques semaines du travail, et les contraintes liées à la garde des enfants font qu’on devient moins flexible sur les horaires ensuite. Mais :

– la garde des enfants n’est pas qu’un sujet de femmes. La mère n’a aucune raison d’être l’interlocutrice privilégiée, voire unique, de la crèche ou de la personne qui garde ses enfants. Les hommes aussi ont des enfants ! Les hommes aussi inscrivent leurs enfants à des crèches qui font grève, les hommes aussi ont des nourrissons qui ont des bronchiolites, les hommes aussi n’ont que 5 semaines de congés alors que les vacances scolaires durent presque 4 mois dans l’année.

– devenir parent aide à développer des qualités professionnelles.

Pour en rester à mon exemple personnel, j’ai mis en place à la maison un certain nombre de processus pour que nous arrivions à gérer le fait de travailler tous les deux et d’avoir un bébé. Par exemple j’ai fixé avec mon mari un planning précis des tâches ménagères (tel jour l’aspirateur, tous les soirs la vaisselle, etc) et une répartition. Nous avons fixé les horaires de la nounou de manière à nous permettre d’avoir les longues journées dont nous avons besoin professionnellement : j’emmène M le matin, mon mari la cherche le soir, du coup il peut commencer plus tôt le matin et je peux terminer plus tard le soir. Et pour finir, nous avons décidé de faire nos courses sur internet pour éviter de perdre notre temps le week-end au supermarché. Or, dans mon travail la mise en place de processus efficaces est exactement ce qu’on essaie de vendre à nos clients…

La maternité m’a aussi rendue plus créative. Comme je voulais continuer à allaiter M tout en retravaillant, j’ai mis au point un système qui me permet de le faire tout en tenant compte de mes contraintes. (pour ceux / celles que ça intéresse : je me suis procuré une petite glacière, deux pains de glace et un petit thermomètre, et selon les jours je tire du lait une ou deux fois au bureau, ainsi que le matin et le soir. ça me permet de remplir 2 biberons par jour, que la nounou complète avec un seul biberon de lait en poudre. Le vendredi je congèle ce que j’ai tiré, M est allaitée à la demande le week-end et je décongèle 2 biberons pour le lundi).

Ajoutez à ça la patience que demande un enfant, quand il se réveille toutes les nuits en hurlant, et plus tard quand il apprend à manger solide, à marcher, à dire non… ça me rend beaucoup plus patiente avec mes chers clients qui ne savent pas ce qu’ils veulent, réorientent le projet toutes les deux semaines, corrigent chaque virgule d’un document de 50 pages…

Et en plus… je travaille plus. Notre organisation avec la nounou me permet de faire à peu près les mêmes horaires qu’avant, sauf que je suis beaucoup plus motivée à rentrer tôt le soir. Donc je travaille plus vite, je prends moins de pauses, moins de temps à midi. Et au final… j’abats beaucoup plus de travail.

A priori, rien de ce que j’ai cité ci-dessus n’est inapplicables aux pères, mais la plupart des organisations semblent considérer que seules les mères ont des enfants. D’ailleurs beaucoup de pères se conforment à ce stéréotype, souvent contre leur gré, en laissant aux femmes ce qui touche aux enfants et en restant parfois si tard au bureau qu’ils ne voient presque pas leurs enfants.

Je pense et j’espère que c’est en train de changer. Les jeunes pères autour de moi sont très désireux de s’investir auprès de leurs enfants, et peut-être que bientôt il sera reconnu que les pères, comme les mères, ont des contraintes liées aux enfants. ça permettrait de discriminer moins les mères…

Mais en attendant, si j’étais un chef d’entreprise, je chercherais à recruter des mères !

(en plus elles coûtent 20% moins cher)

Publié par : Marie | 19 mars 2012

La mamie est la meilleure amie du bébé

Une chose qui est drôle quand on a un bébé, c’est que la plupart des gens deviennent instantanément très gentils avec vous. On vous sourit dans la rue, on vous aide à porter votre poussette pour monter dans le bus, on trouve vos enfants mignons…

J’ai remarqué que ce phénomène se produit tout particulièrement avec les mamies. Jeune parent en détresse, ne vous inquiétez pas, en toutes circonstances vous pourrez compter sur une mamie pour voler à votre secours.

Dans la rue : « Oh, le bébé dans le froid ! Il a froid là, non ? »

A la messe : « Qu’est-ce qu’il est mignon ! Il est déjà baptisé ? Qui est son saint patron ? Et vous lui avez donné un deuxième prénom, c’est important le deuxième prénom ! »

Dans le bus (bébé porté en écharpe par son père) : « C’est un vrai ou vous jouez à la poupée ? »

A la pharmacie : « Et vous avez accouché où ? Ah oui il paraît que c’est bien là-bas. Mais de nos jours ils ne gardent plus les mères assez longtemps à la maternité, de mon temps c’était dix jours ! Il paraît que ça coûte trop cher, mais moi je dis arrêtez d’éclairer les rues la nuit et vous pourrez payer des séjours plus longs à la maternité, c’est quand même important… »

En famille maternelle : « Elle est mignonne, mais elle ne ressemble pas à sa mère, chez nous tous les enfants étaient blonds ! Regarde la photo de Gérard quand il était petit [en 1952 et en noir et blanc, NDLR], il était tout blond lui ! »

En famille paternelle : « C’est tout à fait son père au même âge ! »

Dans le hall de l’immeuble : « Elle fait ses nuits ? Vous savez il ne faut pas la prendre trop dans les bras, après elle deviendra capricieuse »

A la banque : « Oh c’est pas vieux ça ! ça a quel âge ? »

Chez le kiné : « Vous savez, à mon époque la péridurale existait pas ! L’échographie non plus hein »

Au supermarché : « Et vous le nourrissez ? »

Je précise que tout ceci est inspiré de propos qui ont vraiment été tenus, à mon mari ou moi, ces trois derniers mois… Je suis sûre que vous aussi vous avez de gentilles mamies pleines de sollicitude autour de vous !

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