Publié par : Marie | 7 février 2012

« C’est long, un accouchement ? »

Allez savoir pourquoi, la durée de mon accouchement est une des choses que mes amis me demandent le plus souvent, à quasi-égalité avec « ça fait mal ? » et le poids de la petite chérie (3,7 kg à la naissance, si vous voulez savoir).

Vous noterez que mes amis ne me demandent pas si j’ai eu une épisiotomie. Ils sont bien élevés mes amis, ou alors c’est parce qu’ils sont à table. Il faut avouer que ça ne me manque pas, comme sujet de conversation.

Donc la durée de l’accouchement. Je ne sais jamais trop quoi leur répondre, d’autant plus que la plupart de mes amis n’ont pas d’enfants et que tout ça est souvent un peu flou pour eux. Est-ce qu’on compte à partir de la première contraction ? A partir de l’arrivée à la maternité ? Ou juste le temps où on pousse ? Non parce qu’il existe, apparemment, une compétition de durée d’accouchement très précise : à qui aura le plus long, ou le plus court. « Ma copine A ça a duré que 30 minutes pour son premier ! » ça m’étonnait un peu quand même, et l’ami en question a fini par préciser que l’expulsion a duré 30 minutes, c’est déjà beaucoup moins exceptionnel.

Donc j’ai tendance à répondre « non, c’était pas très long » et quand on entre dans les détails tout le monde trouve que, quelle horreur, mais ça a dû être interminable !

Ben pas tant que ça en fait. Sur les gentils conseils de ma belle-mère, je m’étais munie d’un livre. On avait aussi emporté l’iPad pour avoir de la musique, et mon mari m’a tenu compagnie une grande partie du temps. Tout ça a permis une nuit blanche somme toute pas si longue, un peu dans une bulle… Les premières heures, à part quand je sonnais, personne n’est venu me voir. Mais j’ai quand même le souvenir d’UN TRUC interminable : le tensiomètre.

On m’a posé un monitoring quand je suis arrivée, et pris la tension. Et puis… l’infirmière a laissé le tensiomètre. J’entendais en continu le coeur de ma fille, je pouvais suivre les contractions sur le papier que le sismographe-monitoring crachait régulièrement, et puis, à intervalles réguliers, le tensiomètre se serrait sur mon bras, prenait ma tension et se relâchait. Toutes les demi-heures.

Or, il faut savoir que, quand l’un des paramètres mesurés dépasse la fourchette « normale », notre ami sismographe-monitoring s’inquiète. Il manifeste son inquiétude en émettant des bips un peu longs, aigus, assez angoissants en fait.

Il faut savoir aussi que le tensiomètre serrait très fort mon bras et me faisait mal. Donc au moment où je le sentais se resserrer, j’appréhendais la douleur. ça plus le fait que, euh, j’ai des contractions qui font un peu mal aussi, et dans quelques heures il va falloir que j’expulse un bébé, ça faisait passer ma tension juste un peu au-dessus de la limite de l’ami sismographe. Donc, au moment où le tensiomètre se relâchait et où ma tension s’enregistrait, le sismographe faisait sagement son job et se mettait à bipper.

Au bout de quelques occurrences de ça, je n’appréhendais plus seulement la douleur, mais aussi l’horrible bip. Parce que je sais bien, moi, que ça bippe à cause de ma tension et que c’est pas grave, mais qu’est-ce qu’il se passerait si le coeur de mon bébé arrêtait de battre pendant que la machine bippe ? Comme elle est déjà en train de s’agiter pour ma tension, je ne me rendrais même pas compte que quelque chose d’autre va mal, et je n’appellerais peut-être pas à temps ?

Plus prosaïquement, cette saloperie de tensiomètre qui serre fort et bippe m’empêchait aussi de suivre le conseil de l’infirmière : « essayez de dormir ». Moi, la lumière + le bruit + me faire étrangler le bras, c’est pas les conditions optimales pour que je m’endorme…

Et donc, plus d’une fois sur deux, la prise de tension résultait en bips aigus. Heureusement, au bout d’un moment, je ne sais plus quand, l’infirmière a eu pitié de moi et a jugé que ce n’était pas nécessaire de me laisser harnachée au sismographe, étant donné que le coeur de mon bébé était régulier et mes contractions aussi.

Et encore plus tard, à quatre heures du matin, elle m’a annoncé que je pouvais passer en salle d’accouchement. A ce stade-là, je m’en fichais, Tout ce qui m’importait, c’était que « salle d’accouchement » voulait dire « péridurale, enfin ! »

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Responses

  1. J’ai hâte de mire la suite, si tu as envie de la partager ici ! 🙂
    Et merci pour l’astuce du livre …

    • en fait, je ne suis pas encore sûre de vouloir raconter ici la suite. Rien de gore, mais des choses un peu personnelles… je vais y réfléchir

  2. Hé l’autre, elle veut même pas participer au grand concours de « qui a accouché le plus vite ? » accompagné d’une série de 100 questions permettant des statistiques dignes des prévisions de celles des présidentielles ! Toutes les courbes et graphes que tu peux faire ! De vrais exercices sur Excel :
    – la courbe de dilatation du col en fonction du temps
    – le calcul de la fréquence de passage de l’infirmière
    – le calcul du temps moyen de réaction de l’infirmière
    – le nombre de fois où le papa a failli s’endormir
    – l’exaspération en fonction du bip bip toutes les 1/2 heures

    C’est pas cool ce tensiomètre dis-donc… Ca m’a donné envie d’appuyer sur le bouton « mute » (ah bon, ce n’est pas une télécommande et il a un intérêt ?)…

    Ca change de « tu fais quoi dans la vie ? » dont t’avais parlé sur ton autre blog !

    • héhé ! Tu imagines la combinaison des 2 ? « tu fais quoi dans la vie ? » « j’accouche ! »

      • Lol…
        « c’est long un accouchement ? »
        « je ne sais pas je travaillais »

  3. c’est marrant parce q’une fois qu’on a accouché, ce n’est pas vraiment la durée de l’accouchement qui est importante, mais plutôt l’intensite et la durée de la douleur.
    c’est rigolo car chez les plus jeunes, qui n’ont pas encore de copine étant passées par là, l’accouchement est l’inconnu total! il y en a qui confondent « expulsion » et « accouchement », et qui croient qu’un accouchement peut durer une vingtaine de minutes! Comme dans les films américains, tu sais: on perd les eaux au resto, on est évacuée sur un brancard en hurlant, et le bébé, en quelques minutes, arrive à peine l’ambulance garée, effet pop-up! n’importe quoi 😉
    Le seul film assez réaliste que j’aie vue sur l’accouchement est « un heureux évènement »

    • oui !!
      j’ai des amis comme ça, qui croient qu’on accouche en une demi-heure… « ah ben oui ma copine C a poussé pendant une demi-heure seulement »… du coup je me retrouve à leur expliquer gentiment qu’il se passe plein de choses avant l’expulsion 🙂


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