Publié par : Marie | 21 janvier 2012

Un mois de lait

Aujourd’hui ma fille chérie a un mois. Elle est vraiment chez elle dans l’appartement maintenant, elle a pris sa place, s’est étalée un peu partout, dans le salon où on a placé son lit, dans la salle de bains où son père la baigne, dans notre chambre où elle a son armoire qui se remplit des cadeaux de nos amis.

Cela fait un mois aussi que je l’allaite. C’est à la fois particulièrement satisfaisant, et très frustrant ! On m’avait mise en garde contre les difficultés de l’allaitement, mais je n’ai, exprès, pas voulu me documenter trop sur le sujet avant la naissance de M. Je suis allée au cours de préparation à l’accouchement qui traitait de l’allaitement — très bien fait, comme la plupart des cours dans ma maternité — j’ai lu deux-trois choses sur internet, noté le numéro de la mère d’un ami qui est consultante en lactation, et je me suis dit « on verra bien ».

La mise en route de l’allaitement s’est super bien passée. La puéricultrice qui s’est occupée de nous les deux premiers jours à la maternité m’a montré des positions d’allaitement, a admiré M qui tétait goulûment, et a écrit la première ligne de la petite fiche de suivi qu’on a alimenté pendant tout le séjour : 16h, mise au sein, a très bien tété. Elle a contribué à me donner une énorme confiance en moi. L’autre contributrice, et non des moindres, a été ma fille, qui a tété tout de suite très facilement, avec beaucoup de plaisir, et a rapidement repris du poids.

Je n’ai pas échappé à tous les désagréments : j’ai eu des crevasses les premiers jours, vite résorbées grâce à la crème recommandée par mon amie V. J’ai aussi eu, une fois, les seins engorgés, et comme je n’ai pas compris tout de suite ce qui m’arrivait j’ai passé une demi-journée bien désagréable au lit avec de la fièvre.

Mais l’allaitement est, pour l’instant, un moment agréable pour M et pour moi, qui lui apporte ce dont elle a besoin, enfin je crois, et me donne à moi l’impression d’être une super-héroïne capable de nourrir et de faire grandir ma petite grenouille. Avant d’avoir un enfant, j’aurais trouvé cette phrase très niaise, mais ça continue à me fasciner d’être capable de m’occuper d’elle !

Cela étant, il faut quand même avouer qu’il y a des jours avec et des jours sans. Par exemple, quand la pédiatre a pesé M et qu’on a trouvé toutes les deux qu’elle n’avait pas pris beaucoup de poids depuis trois semaines, alors qu’elle avait bien grandi. « Si ça perdure dans un mois, il faudra lui donner des biberons de complément ». Argh. Alors que depuis quelques jours j’avais justement l’impression que M tétait toute la sainte journée, réclamait à nouveau très vite après avoir mangé, et me pompait toute mon énergie…

Pomper, tiens, parlons-en, je n’avais aucune idée que l’utilisation d’un tire-lait puisse être si laborieuse au début…

Sans oublier tous les gens gentils mais avides de résultat qui me demandent si M fait ses nuits. Ben non, pas encore, mais elle ne les fera pas davantage si vous me posez tous la question tous les deux jours…

Mais ce qui est sympa avec l’allaitement, c’est qu’on trouve des alliés parfois inattendus mais toujours très bienvenus. Comme par exemple :

– mon amie E qui est allée m’acheter un soutien-gorge d’allaitement quand j’étais coincée chez moi la première semaine

– ma banquière qui, en entendant M réclamer à manger au milieu de notre rendez-vous, m’a gentiment prêté un bureau vide pour que je puisse la nourrir

– les copines de Twitter qui traversent la même chose que moi et avec qui c’est bien sympa d’échanger

– le site de la Leche Ligue, eh oui, qui m’a beaucoup aidée. Merci Mia de me l’avoir conseillé. Je me méfiais un peu de leur côté « militant », je continue à ne pas adhérer à toutes leurs prises de position, mais il faut reconnaître qu’ils rassemblent plein de ressources utiles. Et les articles que j’ai lus sont très pédagogiques, expliquent non seulement comment faire mais aussi pourquoi, ce qui est très important pour moi.

Pour la suite, je ne sais pas encore. Je reprends le travail dans deux mois. En théorie, je continuerai à allaiter M jusque-là, et je maintiendrai ensuite une tétée le matin et une le soir, et éventuellement davantage le week-end si c’est possible. Le reste du temps… je vais essayer de faire quelques stocks de lait maternel pour qu’elle puisse en recevoir en mon absence, mais je ne pense pas pouvoir tirer de lait à mon travail, donc ça ne suffira pas et on complétera avec du lait en poudre. On verra.

Je dis beaucoup « on verra » ces temps-ci, je me suis rendue compte que c’est, pour mon mari et moi, une caractéristique de la parentalité. Les principes abstraits laissent la place à « ce qui fonctionne pour notre enfant et nous ». C’est un peu la devise de la Poule Pondeuse, une autre ressource de choix sur internet, que je lis de plus en plus : « avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants » !

PS amusant : en cherchant la Leche League sur Google, le premier lien sponsorisé qui s’affiche en haut de la page dirige vers… le site d’un fabricant de lait en poudre !

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Responses

  1. Pour ce qui me concerne, j’avais des objectifs : faire de mon fils un adulte avec des convictions (idéalement les miennes pour l’essentiel ;)), le sens des responsabilités et des aptitudes au bonheur (ne pas avoir peur)

    et deux règles pour y parvenir :
    1 – NAVIGUER A VUE
    2 – me moquer profondément des règles ordinaires que tout le monde prône

  2. comme toi, quelque chose me fascinait vraiment lorsque j’allaitais; c’est cette capacité, seule, de pouvoir subvenir à tous les besoins essentiels de son bébé.
    Selon moi l’allaitement est une vraie liberté, et aussi une aliénation.
    J’ai ADORE vivre ça avec mon premier enfant, ça a été un moyen fort pour découvrir mon rôle de mère, pour me rassurer sur ma capacité à pouvoir répondre aux besoins de mon enfant, et surtout nouer un lien avec lui.
    J’ai DETESTE le sevrage, avant de reprendre le travail, surtout que je n’étais pas très préparée psychologiquement, pas prête.
    Et puis j’ai découvert ensuite le passage aux bibs, la nostalgie de ces moments magiques est passée, je suis allée de l’avant, comme tu le dis, en faisant un peu au jour le jour… et j’ai profité de ma nouvelle liberté, j’ai aimé retrouver mon corps, mon indépendance, me « libérer » peu à peu de ce bébé qui me dévorait.

    C’est vrai que l’allaitement est une expérience magnifique, magique, mais aussi assez vampirisante, enfermante… il faut la vivre aussi intensément que possible, tout en admettant avec sagesse les inconvénients de la pratique… parce que c’est vraiment un moment unique!

  3. De rien, j’en ai tellement entendu parler ! Ravie que l’info ait pu te servir.
    A bientôt la super héroïne !

  4. “Si ça perdure dans un mois, il faudra lui donner des biberons de complément”. Argh. Alors que depuis quelques jours j’avais justement l’impression que M tétait toute la sainte journée, réclamait à nouveau très vite après avoir mangé, et me pompait toute mon énergie…

    Loin de moi l’idée de t’imposer un conseil mal-à-propos ou de dire que je sais quoi que ce soit ( je n’oserais pas dire un truc pareil une fois mère, alors en tant que nullipare, même pas en rêve !), mais je connais une personne à qui la même chose est arrivée, et elle n’avait « simplement » pas assez de lait. Ce qui fait que la petite tétait beaucoup pour pas grand-chose, que la maman était crevée, et que la petite avait faim très vite, n’ayant pas eu, par la force des chose, un repas suffisamment conséquent. Je me permets de te donner l’info brute (tu la prends ou tu la laisses :D) , car la maman en question a regretté que personne ne lui ai parlé de cette possibilité, et a dit que ça aurait pu la déculpabiliser. Quoiqu’il en soit, après cette phrase, tu emploies un passé, donc j’espère très fort que les choses sont rentrées dans l’ordre 🙂

    Sinon, j’ai rencontré quelqu’un hier (le pourquoi, le comment et le reste de la conversation bientôt chez Apostille [teaser inside]) qui m’a parlé de Solidarilait, une association de soutien à l’allaitement maternel qui, paraît-il, a un réseau très étendu, fourni et actif, alors j’ai pensé à toi qui n’avais à priori pas d’atomes crochus avec la LLL. Encore une fois, je te donne l’info, tu en fais ce que tu veux ! 🙂

    A très vite !

  5. (PS : Oups, j’ai mis l’adresse de Solidarilait dans la case réservée à mon URL… Désolée !)

  6. « On verra », ça me paraît un excellent plan ! Et juste pour complément ou pas complément, la prise de poids est un indicateur parmi d’autres, à replacer dans un tableau plus large : ta fille grandit, est-ce qu’elle mouille bien ses couches, est-ce qu’elle est bien éveillée, est-ce qu’elle manifeste un manque de nourriture (par ex s’énerve au sein, pleure après la tétée, ou au contraire s’endort après 2 minutes à chaque fois, etc) ? Mon aîné n’avait rien pris du tout pendant un mois vers ses 5-6 mois, et pourtant à ce moment-là il était 100% au bib et s’en enfilait de bonnes quantités. Et là personne ne te suggère de le remettre au sein pour qu’il grossisse mieux ^^ Le deuxième j’ai simplement arrêté de l’emmener se faire peser tous les mois 😉

  7. c’est marrant quand j’allaitais je ne me posais aucune question quant à la quantité que je donnais à ma fille. J’ai des copines plus angoissées sur ce point, qui pèsent leur bébé avant/après la tétée, tous les 15 jours, puis tous les mois…
    perso je me disais que ma fille avait l’air bien, en forme et « épanouie », je ne me suis jamais demandé si j’avais « assez de lait » ou pas, je ne l’ai jamais pesée en dehors des visites réglementaires chez le pédiatre, je n’ai jamais demandé conseil là dessus (tout simplement parce que ça ne m’ést jamais venu à l’esprit ;-).
    Et quand il y avait des jours où elle ne voulait pas trop téter, je me disais qu’un bébé ne se laisse pas mourir de faim, et qu’une mère a toujours assez de lait pour son enfant.
    J’étais hyper cool, à notre époque où tout est sous contrôle, quand j’y repense, ça pourrait même passer pour de l’inconscience 😉

    après j’ai une copine dont la fille ne grossissait pas bien… en fait ce n’était pas du tout une question de lait mais son bébé avait un petit problème à la machoire, elle ne s’ouvrait pas totalement, pas assez pour parfaitement téter au sein en tous cas. Un petit tour chez l’osthéo pour débloquer le truc et c’était réglé.

  8. Bon, j’ai mis un peu longtemps à répondre à vos commentaires, c’est parce que je ne savais pas trop ce qui se passait avec M qui tétait, mais hurlait, mais avait quand même faim…
    En fait, je ne sais toujours pas ce qui se passait, mais heureusement c’est terminé, elle tète de nouveau bien.
    En tout cas merci pour vos encouragements, vous êtes chou !

    Mon avis à moi, c’est qu’elle grandit bien (la preuve par les photos, elle remplit de plus en plus ses pyjamas), elle mouille ses couches, elle est éveillée et toute rose, du coup j’en déduis que tout va bien.
    A la maison on n’a pas de balance, ni pour grands ni pour petits, donc je ne saurai pas son poids avant la prochaine visite chez le pédiatre, et ce n’est pas plus mal. Je pourrais toujours aller la faire peser à la PMI, mais par ce froid j’ai décidé que ce n’était pas prioritaire.
    Je suis d’accord avec toi Marine : elle ne se laissera pas mourir de faim.

    Et @poulepondeuse, waouh, ça me fait super plaisir de te voir commenter, je suis une groupie de ton blog ! 🙂

  9. […] quelques heures. J’ai cru que des problèmes nous attendaient au tournant quand la pédiatre a trouvé que M ne grossissait pas assez. Et à la visite suivante elle était revenue dans la médiane des […]


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