Publié par : Marie | 11 janvier 2012

ça va ?

Voilà une question que je déteste. Comme la plupart des gens (enfin je crois), quand on me demande si ça va, je me mets en pilote automatique pour répondre « oui oui, bien et toi ? ». Y compris quand, en fait, ça ne va pas du tout. Parce que la question est tellement rituelle que les gens qui la posent ne s’intéressent pas vraiment à la réponse. Ou parce que je ne veux pas attirer l’attention — et les conseils ! — quand je ne me sens pas bien.

Or, j’ai constaté que juste après un accouchement c’est une question à laquelle les jeunes mères ont souvent droit. Enfin, dans le cas où elles ne sont pas soudain devenues invisibles pour les visiteurs obsédés par le bébé 🙂

Donc les infirmières de la maternité m’ont demandé si ça allait. Les puéricultrices m’ont demandé si ça allait. Mon médecin m’a demandé si ça allait. Mon mari m’a demandé si ça allait. Chacun de mes parents m’a appelé tous les jours et demandé 4 fois par appel si ça allait. Mes amis… Bref, vous voyez le topo.

Je crois que c’était le troisième jour après la naissance que j’ai fini par dire à mon mari « ben en fait non, ça va pas trop. Je suis super fatiguée, pas encore très mobile, et le plus fatigant c’est de faire gaffe à ne pas inquiéter tous les gens pleins de bonne volonté qui me demandent tout le temps si ça va ».  ça décrit assez la sensation que j’ai souvent eue depuis trois semaines que ma petite chérie est née.

Je n’ai rien eu de grave, pas de « vrai » problème de santé, pas d’accouchement spécialement compliqué ou de baby blues de dingue. Et en plus, ma fille est un amour et mon mari s’occupe beaucoup et très bien d’elle. Mais je me suis rendue compte que, même en étant jeune, en bonne santé, et après une grossesse qui s’est très bien passée, j’avais vraiment besoin de repos et d’un peu de temps pour m’adapter à la nouvelle configuration de la famille. Et apprendre à m’occuper d’un bébé. Je ne suis pas la seule : le chat a eu du mal aussi à se faire à la nouvelle arrivante, tant et si bien que j’ai eu le privilège de passer aussi pas mal de temps chez le vétérinaire avec lui.

Et MarineCécile et les autres ont raison, les visites c’est crevant. Pour la maternité, tout s’est bien passé, deux visites en tout et pour tout. C’est l’avantage de : 1. accoucher à la période de Noël où tout le monde est parti en vacances ; 2. avoir désamorcé le sujet en avance avec la famille et les amis en leur expliquant gentiment qu’on sera très heureux de les voir ensuite chez nous. Non, en fait, ce que je n’avais pas anticipé c’est que les visites à la maison, ça peut beaucoup fatiguer aussi. Surtout quand il y a plein de gens et/ou qu’ils restent longtemps et/ou qu’on a en plus la super idée de vouloir sortir avec un nouveau-né.

Résultat, dimanche je me suis retrouvée au lit avec une grosse migraine et de la fièvre, alors que plein de gens étaient venus voir M. Et me voilà comme une crétine à leur dire à tous que  » non non ça va, vous inquiétez pas, je suis juste un peu fatiguée », au lieu de « mais laissez-moi dormir ! »

Donc voilà. Non, ça ne va pas toujours. Il va juste falloir que j’arrive à le dire.

Publicités

Responses

  1. je te comprends, tu t’en doutes!
    le truc c’est que même si tu es capable de dire franchement les choses « en tant normal », là, tu n’as pas forcément l’envie de dépenser l’énergie nécessaire pour justifier ta fatigue. Et c’est bien normal…
    car oui, il faut « justifier » sa fatigue, donner des raisons (et des bonnes!) pour simplement dire qu’on veut être tranquille à trois, se retrouver, apprendre à se connaitre… et surtout se reposer, en tant que toute jeune maman!

    je trouve les gens souvent complètement ignorants, dillettantes, face au bouleversement qu’une jeune maman a pu vivre… ceux qui ont eu des enfants devraient pourtant être conscients de l’épreuve que c’est!

    allez, courage, et n’hésite pas à parler de ça… pas forcément avec tout le monde, mais avec une bonne amie (pas forcément déjà mère!) avec qui tu pourras pleurer un bon coup, tu verras tu repartiras encore plus forte quelques instants après!
    Parfois, des personnes qui ne te sembleront pas les mieux à même de t’écouter te surprendront; il existe des tas d’oreilles attentives, pas forcément là où on croit!
    Moi, dans les semaines suivant mes accouchements, je me souviens avoir pleurouillé un peu chez le gynéco aux visites post-natales, un peu chez le pédiatre, hyper attentif au moral des jeunes mères comme je l’étais, un peu avec mon père, un peu avec ma mère, beaucoup avec mon homme, un peu avec une bonne amie jeune maman comme moi, pas mal chez la sage-femme entre deux contractions du périnée et quelques éclats de rire… bref, j’ai trempé quelques kleenex… et ben franchement ça fait du bien, on est normales, quoi 😉

  2. Evidemment que parfois ça va pas ! Et il y a une sorte de tabou bizarre à ce sujet (parce qu’on l’a voulu, on l’a eu, ce môme magnifique et épuisant ? autre chose ?)

    Je te recycle une conversation sur twitter d’hier, parce qu’elle s’y prête à merveille. Je racontais avoir croisé une jeune maman (comme moi, à quelques jours près) rencontrée à la maternité à la Biocoop. Moi « Ca va, vous 4 ? » Elle « Oui, très bien, et vous 3 ? » Moi « C’est dur, quand même ! » Elle « M’en parle pas j’en peux plus ! » Tabou tombé, langues déliées, ça a fait du bien à tout le monde.

    Je raconte ça sur twitter, et on me répond cette phrase que j’ai trouvé très rassurante « celles qui disent qu’elles n’ont jamais pleuré de fatigue ou de doute sont juste des menteuses »

    Non, ça ne va pas toujours. Et le dire n’enlève rien à la vérité du bonheur qu’on a de vivre avec cet enfant-là.

    (C’est tout le concept d’ambivalence de la maternité qui est bien décrite dans « Splendeurs et misères de la maternité », livre déculpabilisant au besoin)

    • merci pour ton commentaire ! Je note le livre, qui me semble très prometteur !

  3. tant qu’on est dans les bouquins… (merci Zelda, je lirais bien celui que tu cites!), il y a celui là que j’ai beaucoup aimé:

    Naitre, de l’idéal de l’accouchement à la réalité de la naissance

    http://www.amazon.fr/Na%C3%AEtre-lid%C3%A9al-laccouchement-r%C3%A9alit%C3%A9-naissance/dp/2840235676

    • merci pour la référence !
      Tu as raison, c’est à croire que les autres mère oublient ce que c’est… la mienne la première, parfois, et pourtant je crois savoir que mon accouchement était une promenade de santé par rapport au sien 😦

  4. C’est marrant,j’avais déjà pensé à ça. Du coup, à mes amies qui ont accouché, ou un peu après; je les regarde bien dans les yeux en leur disant  » bon et donc toi, tu vas comment en VRAI? »

    Bizarrement j’ai jamais eu de « oui, ca va et toi? »

    • efficace ! Une autre chose d’ailleurs, c’est que dans les premiers temps après la naissance tout le monde s’intéresse aux moindres faits et gestes du bébé… et pas toujours beaucoup à sa mère !

  5. Bonjour à toutes,

    Bonjour d’une vieille maman qui n’avait pas non plus le droit de mal aller ni d’être fatiguée. Tudieu, j’avais la chance d’avoir un fils, beau et en bonne santé … et d’être aidée. Oui, mais les hormones qui ont permis la grossesse et le renforcement nécessaire doivent se tirer. On est un peu comme qq’un qui a fonctionné pendant des mois avec une drogue euphorisante et qui est sevrée d’un seul coup. Donc 1, nous n’y sommes pur rien 2 nous n’y pouvons rien et 3 dans la très grande majorité des cas, on retrouve notre état d’avant grossesse.
    PS 4 : combien d’entre vous connaissent cette histoire d’hormones ? combien ont en pus culpabilisé de ne pas se sentir en forme , hein, on arrête le boulot pour trois mois, on n’a pus rien à foutre, c’est bien connu ! et en plus on se demande comment on tiendra en reprenant le boulot. Et je peux vous dire que moi qui l’avais alors pas repris, je m’en suis mal, difficilement tirée…

    J’ai 1 (et une seule) amie qui n’a pas connu ça mais sa grossesse avait été chiante (couchée immobilisée à partir du 4ème mois) et pour elle, la naissance et pouvoir bouger ensuite a été une DELIVRANCE !
    Et nous vivons dans un monde très ambivalent : on a renoncé à l’essentiel de la nature et ne pas aller bien n’est pour nous pas NORMAL ?!? (alors que bordel de merde, ça l’est tant que ce n’est pas tout le temps) et être mère c’est forcément GENIAL ?!? Ben voyons ….
    Il y a des moments où c’est génial, mais la plupart du temps, c’est CHIANT : vivre à heures fixes même quand on n’est pas au boulot ! (repas, dodos, bains, écoles, et ces putains d’activités para scolaires sans lesquelles nos enfants seront des inadaptés sociaux et ne trouveront pas de boulot) et en plus les mères sont vraiment le centre de vie de leurs enfants qui vont toujours voir leur mère en premier même si le père est présent …. Fini de vivre pour nous d’abord, on vit pour eux D’ABORD, pour nous ensuite.

    Et ne pensez pas que ça s’arrête ! La grand mère que je suis devenue, qui avait répété en boucle « je ne m’en occuperai pas » s’est quand même déjà fait taxer une nuit de garde …. 😉 (et la grand mère en question n’est pas à la retraite !

    Dernière choses, c’est aussi pour la pupart d’entre nous un truc surlequel il n’y a pas de marche arrière : si un boulot ne nous plait pas, on peut toujours imaginer qu’on va changer, un mari, on peut rêver qu’on va divorcer Même si on ne le fait pas, ce sont des soupapes de sécurité qui font du bien. Mais on ne démissionne pas d’un enfant, on ne divorce pas d’un enfant ….

    Alors, c’est normal d’être fatiguée, physiquement et psychologiquement et comme le suggère @Marine, il faut en parler dans les bonnes oreilles, celles qui vont le prendre comme c’est : de la fatigue, des interrogations et ni le début d’un suicide ni le début d’une dépression ….

    Mais, courage à vous toutes, les jeunes mères, comme disait ma grand mère, vous en verrez d’autre avant d’être grand mère !

    • Vous savez que je vous aime, vous ? 🙂

      « les mères sont vraiment le centre de vie de leurs enfants qui vont toujours voir leur mère en premier même si le père est présent … » : M a fait ça ce matin même ! Tout allait parfaitement bien, elle roupillait tranquillement, et au moment même où je passais le pas de la porte pour aller faire une course, elle s’est mise à hurler !
      (n’appelez pas la DDASS, je l’ai pas laissée seule, son père était là :))

  6. il y a les hormones, c’est bien vrai… mais ne mettons pas tout uniquement sur le dos de la biologie, il y a aussi nos vies, nos contraintes, nos obligations qui font que, jeunes mamans, à peine rentrées de la maternité, on doive TOUT gérer, la maison, le bébé, les courses, les visites chez le médecin, les visites des autres, en étant, bien souvent, seule.

    C’est un peu absurde quand on y pense… et puis on n’a pas vraiment le choix… mais on en fait trop, c’est certain.
    Les hormones c’est sympa, mais on sait qu’on ne peut pas les modifier, ça devient limite une excuse pour ne pas aider plus la jeune maman qu’on voit désemparée.
    En revanche, modifier le style de vie et aider un peu plus les jeunes mamans à le devenir sereinement… ça serait un beau projet 😉

    donc courage, haut les cœurs, tout ça, ça passe, et des moments géniaux avec les enfants, il y en a des tas.

    • oooh oui. Ce truc insidieux, auto-infligé, de « je suis en congé maternité, j’ai le temps (de passer l’aspirateur, d’emmener le chat chez le pédiatre, le bébé chez le vétérinaire, euh non l’inverse, de téléphoner à la banque, de faire les courses) » !
      Tiens, prochainement j’écrirai un truc sur la place du père, il y a beaucoup à dire je trouve.

  7. @ Marine. Je ne suis pas encore maman, mais j’avoue que quand je lis ceci : « à peine rentrées de la maternité, on doive TOUT gérer, la maison, le bébé, les courses, les visites chez le médecin, les visites des autres, en étant, bien souvent, seule. », je ne peux pas ne pas réagir…
    Les visites chez le médecin, à priori c’est pour ton corps, donc il faut que tu y soies 😀 . Mais les courses, la maison … Pourquoi serait-ce à la maman de les gérer ??

  8. Post Commentum, parce que j’ai oublié le plus important…

    Je crois que je te comprends, Marie, même si je ne suis pas (encore ?) mère. Je crois que tu conclus parfaitement, il faut ne pas hésiter à dire ce que tu ressens, avec plus ou moins de pincettes suivant l’interlocuteur/trice…

    Et puis si ça ne passe pas, accuse les hormones 😀

  9. @ le petit poison rouge:

    je ne dis pas que c’est à la jeune maman de tout gérer… mais dans les faits, c’est ce qui se passe.
    Personnellement j’ai un mari hyper présent, dispo et qui me soutient… ce qui m’a clairement évité un vrai baby-blues. Et pourtant j’ai eu cette impression de courir partout, devoir être au four et au moulin.
    Mais surtout je regarde autour de moi, mes copines, les femmes en général, et je fais mes conclusions.

    femme en congé mat… homme qui repart au boulot… = les habitudes se prennent vite, et les « nouveaux pères » ne sont pas si nombreux que ça!
    et puis même si le papa est super, présent, etc… il doit de toute façons aller bosser, et c’est là que la jeune mère se retrouve souvent seule.
    Je dis simplement qu’on est moins aidées qu’à une certaine époque… personnellement je trouve que l’individualisme, l’indépendance, le fait de ne pas vivre tous entassés en famille élargie, c’est génial… il faut juste en payer le prix à certains moments et l’accepter; un peu « trop » de solitude parfois.

  10. quant aux visites chez le pédiatre (il y en a bcp au début, et c’est dur de s’organiser les premiers temps)… je crois qu’il est trèèèès rare que ce soit le père seul qui y aille.
    Je ne m’en plains pas d’ailleurs, ce sont des moments importants qu’on aime vivre en tant que mère…(enfin moi)… mais clairement, je ne connais pas beaucoup d’hommes qui connaissent les dates de rdv, les vaccins à faire, qui passent à la pharmacie juste après le rdv, etc…
    toujours pour cette même raison; le père est souvent au boulot!

  11. J’ai trouvé une image un peu dans le même esprit : http://mybabytrip.free.fr/?p=1138
    Bon courage à toi !
    Mia qui a prévu d’aller voir une jeune maman (et le jeune papa et le jeune bébé) le WE prochain… hum hum…
    PS mais OUI je penserai à toutes ces discussions !!!

  12. La sage-femme nous a dit de suivre la règle : ceux qui viennent amènent un repas chaud. Comme ça ils sont contents de voir le petit bout et les parents (la maman bien souvent) a moins de truc à préparer et peut se reposer au lieu de cuisiner. Elle a bien précisé un repas chaud (et pas seulement un 4heures) !! Elle nous a aussi signalé que bien souvent les gens sont super contents de participer et de pouvoir aider. A tester !

    • ça c’est une super idée !
      Toi c’est pour bientôt en plus, tu me diras comment ça s’est passé ?

  13. Merci de votre déclaration d’amour !

    Bon, je vous aime aussi et j’espère que vous le saviez déjà ! Vous êtes la fille que je n’aurai jamais (et pour cause) et en prime nous n’avons pas de passé plus ou moins conflictuel. Je raffole de notre relation que je trouve géniale.

    Je suis une chouette belle mère 😉 et vous vous ête une chouette bru 😉 !

    Et je suis rudement contente que M. vous ai fait ce caca nerveux capricieux : cela vous prouve, s’il en était besoin qu’il n’y a pas de comparaison pour elle entre son père et sa mère. Il est son père et vous êtes sa mère. Point. Barre.

  14. […] à son billet « Ca va ? » qui m’a ramené plusieurs années en arrière quand j’ai pris conscience du pouvoir […]


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :