Publié par : Marie | 9 septembre 2011

A sa place…

Je reviens d’un séminaire pour mon travail, avec 90 collègues, dans un hôtel au bord de la mer où on nous a appris des tas de choses passionnantes à travers des activités, euh… tout à fait innovantes ! Par exemple : qu’est-ce qu’un bon manager, que fait-il, qu’est-ce qu’il évite de faire ? Répondez en dessins uniquement. La journée on a de « vraies » formations, et le soir il s’agit de construire l’esprit d’équipe via des activités. Bon, en vrai, ça a fait moins « colonie de vacances » que je le craignais, et j’ai même appris des choses !

Le soir, il était prévu plusieurs fois des soirées (bien arrosées, comme de juste) dans une boîte de nuit locale. Je n’aime pas spécialement les boîtes de nuit, je n’a aucune envie de me prendre un coup de coude malencontreux dans le ventre — il y a le métro pour ça — et je ne bois pas, donc à la place j’ai papoté avec des collègues et réfléchi aux formations de la journée. Notamment, on a eu récemment une table ronde au bureau.

Je viens d’être promue, et à cette occasion nos patrons nous ont réunis par petits groupes pour discuter de nos conditions de travail, de l’ambiance, des points positifs ou au contraire à améliorer dans nos relations de travail. Ce genre de réunions se transforme rapidement en bureau des pleurs, et là encore ça n’a pas raté : nous nous sommes plaints de l’absence de reconnaissance de notre travail, de la difficulté à obtenir une mobilité interne, du manque de formations, de l’attitude de certains de nos supérieurs… Pour recadrer le débat, notre patron nous a demandé des exemples concrets de bons et de mauvais comportements que nous avions observés. Il nous a laissés parler, puis il a dit : « et ça vous évoque quoi ? Vous vous percevez une responsabilité envers vos équipes ? »

Sa phrase m’a beaucoup fait réfléchir. Effectivement, ce que nous avons vécu jusqu’à présent dans cette entreprise est un excellent point de départ pour savoir comment nous comporter avec les personnes que nous allons superviser, ne pas leur faire ce qu’on n’a pas aimé qu’on nous fasse… Et au fond, c’est pareil avec un enfant. J’ai donc repensé à mon enfance, et je me suis dit « quand j’étais à la place de ma fille, qu’est-ce que j’attendais d’un adulte ? Qu’est-ce que j’ai apprécié, qu’est-ce que j’ai détesté ? » Et du coup, qu’est-ce que je peux faire maintenant que c’est moi la grande personne…

Au chapitre des « do »s, je me souviens que mes parents me laissaient beaucoup de liberté et que j’en ai bien profité. Pas forcément de la liberté physique, d’aller et venir où je voulais ou de sortir tard le soir, mais plutôt de la liberté dans ma gestion du temps. J’avais des devoirs, fort bien, mais mes parents n’avaient pas décidé pour moi d’une plage horaire consacrée aux devoirs, tant qu’ils étaient faits en temps et en heure ça leur convenait. Ils ne m’ont pas non plus rempli mon mercredi d’activités, j’en avais une ou deux, et beaucoup de temps autour pour lire, voir des copines, jouer… ça m’a permis de rêvasser, de passer beaucoup de temps à ce que j’aimais vraiment faire, et même d’apprendre à prioriser les devoirs !

Une autre chose que j’ai beaucoup appréciée, c’est que mon père me parlait beaucoup de son travail. ça m’a permis de mieux comprendre pourquoi il n’était pas toujours très disponible, de voir que ce n’était pas toujours volontaire, qu’il aurait bien préféré passer du temps à jouer avec moi plutôt que de faire sa compta ou de gérer tel client difficile. J’ai eu assez tôt une vision assez réaliste de son travail, de ce qu’il aimait faire, de ce qui était moins sympa, mais que voilà, le travail c’est aussi des contraintes, et l’essentiel c’est que finalement les aspects intéressants ou agréables restent plus importants que les contraintes. Je fais aujourd’hui un métier très différent du sien, mais moi aussi j’ai des clients, des délais, du travail fait consciencieusement mais pas forcément reconnu, mais aussi des projets passionnants où je travaille sur des idées toutes nouvelles…

Quant aux  « don’t »s, ce sont pour moi surtout des attitudes d’adultes. Par exemple, la fois où une maîtresse m’a punie pour une bêtise : elle ne voulait pas que je joue à un jeu bruyant dans la cour de récréation, mais au lieu de me le dire directement, elle a attrapé le premier élève qui passait dans le couloir pour lui demander de me le dire. J’ai mal compris, donc j’ai continué, et elle est venue me gronder devant tout le monde et me consigner pour le reste de la récréation, en refusant d’écouter ma défense. C’était à la maternelle, je pense que ça fait vingt ans, et je m’en souviens comme si c’était hier.

Dans le même genre : ma tante qui m’emmène dans un parc d’attractions, en sachant que j’ai peur des manèges à sensation. Elle me dit « oh, viens, on va faire celui-ci, il est bien ! ». Je demande s’il fait peur, elle m’assure que non, pas du tout, je vais adorer ça, d’ailleurs il faut que je monte à l’avant de la voiturette. Je lui fais confiance et… découvre des montagnes russes dans un bassin d’eau ! Elle, elle a trouvé ça très amusant non seulement de faire l’attraction, mais surtout de voir ma tête. Moi, j’ai eu très peur, et je n’ai pas compris pourquoi elle m’avait menti alors qu’on me serinait toujours que les enfants ne doivent pas mentir.

Alors, pour ma fille…

J’en déduis que lui ficher la paix un peu sera sûrement une bonne stratégie, quand elle sera un peu grande. Pour les activités, et pour l’école surtout. Et puis, lui parler, lui parler vraiment, comme à un petit humain intelligent qui, certes, a besoin d’un peu plus d’explications qu’un adulte, mais n’est pas idiot pour autant, et qui a droit au même respect qu’un adulte. Et qui, d’ailleurs, peut parfois avoir raison contre moi. D’ailleurs, elle trouvera peut-être mes méthodes d’éducation tout à fait défaillantes !

Publicités

Responses

  1. c’est intéressant de se poser ces questions…
    personnellement je me les suis toujours posées, peut-être même avant de tomber enceinte… j’ai toujours eu un côté rebelle par rapport à certaines choses qui m’ont été transmises dans mon éducation.

    aujourd’hui, avec mes 2 petits, je continue évidemment à réflechir à cela. Il y a certains comportements qui sont clairement réfléchis, voulus… en opposition ou en réaction par rapport à certaines choses que j’ai pu vivre.
    Il y a d’autres attitudes qu’avaient mes parents que j’ai tendance à imiter, à reproduire. C’est rigolo car on est parfois étonné par ses propres réactions.
    Et d’autres de mes comportements sont bcp plus improvisés, parce que c’est cela, aussi, éduquer des enfants: c’est tâtonner, c’est essayer d’appliquer un principe qu’on s’est fixé et échouer. C’est commencer par dire qu’on va être cool sur ce point, être plutôt dans la négo, et se découvrir finalement hyper strict et intraitable, limite militaire! Et inversement.
    Et puis selon les enfants qu’on a, aussi, on se découvre différente!

    En devenant maman en tous cas je me suis adoucie sur ma façon de voir les « erreurs » commises par ma mère… je les constate, je sais quelles méthodes d’éducation ne me tentent pas… mais je comprends aussi qu’elle n’ait pas été parfaite… parce que je me retrouve dans la même situation.

    Maintenant j’arrive mieux à dire que ma mère était quand même une super maman, qu’elle a assuré avec ses 3 enfants rapprochés, et que sur bien des points j’aimerais réussir à éduquer mes enfants comme elle l’a fait, c’est à dire à leur transmettre le sens de l’effort, du travail, mais aussi le plaisir de la vie, et l’aptitude au bonheur (pas si évident à transmettre, quand on regarde autour de soi).

    C’est vraiment intéressant, cet aspect-là de l’éducation.

  2. Intéressant…
    Ca me fait penser à la conf’ où je suis allée http://mybabytrip.free.fr/?cat=248 où le gars parlait du 1° trimestre (notamment) qui était propice à ce genre de réflexion (le trimestre où on apprend à être « plus juste »).

    De mon côté je sais que je me suis déjà positionnée sur les + et les – de mes parents… Sans jugement, plutôt un constat…


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :