Publié par : Marie | 24 février 2012

Bande de bobos

Sommes-nous des bobos ? Suis-je une “maternante” ? Je me pose parfois la question…

Mon mari et moi utilisons souvent une écharpe de portage pour notre fille. Depuis deux mois qu’on le fait, j’ai croisé très exactement DEUX familles dans notre quartier qui le faisaient — une qui utilisait une écharpe, et une un porte-bébé. La norme chez nous serait plutôt la poussette, plus précisément la poussette Mac Laren, qui a une part de marché d’environ 70% dans notre quartier :)

Je pratique aussi l’allaitement à la demande, et je n’ai pas du tout envie de sevrer M. Bon, il va falloir que je le fasse, parce que je ne pourrai pas tirer de lait au travail, mais si j’avais le choix…

Et on a acheté assez peu de matériel de puériculture. M n’a pas de chambre à elle, elle dispose pour l’instant d’une armoire pour ses affaires et d’un lit, et on utilise le dessus de la machine à laver en guise de table à langer. On n’a pas de sac à langer, je me contente de prendre deux couches dans mon sac à main. Aujourd’hui on va ajouter un transat. Notre organisation ferait presque “décroissant”, en fait…

Sur d’autres sujets, on n’est pas du tout “maternants”. J’ai accouché avec une péridurale, dans une clinique privée dont je suis très contente, et où je retournerai avec beaucoup de joie pour un éventuel 2e enfant. On utilise des couches jetables et des lingettes. Je retournerai travailler à temps plein dès la fin de mon congé maternité, et je me réjouis de le faire.

En fait, notre critère c’est la simplicité, l’emmerdement minimum. Et comme on vit dans un petit appartement, sans voiture, c’est vital pour nous de nous encombrer le moins possible, que ce soit chez nous ou quand on sort.

Je trouve le matériel de portage plus pratique que la poussette dans les transports en commun, surtout quand je sors seule avec M. Et quand il s’est agi de choisir entre un porte-bébé et une écharpe, ça a été l’écharpe sans hésitation. Parce que c’est un mode de portage plus physiologique, donc plus confortable pour le bébé, mais surtout parce qu’une fois le bébé sorti de l’écharpe, elle se plie et ne prend pas de place, contrairement au porte-bébé qui reste un peu encombrant.

On a acheté une poussette aussi. Très chère, très légère, très facile à manœuvrer. Une très bonne poussette. Mais hors de question pour moi de me galérer avec dans le métro !

Pareil pour l’allaitement. Pas de matériel spécifique à emporter quand on sort, pas de quantités à mesurer ou d’intervalles de temps à respecter, et la nuit je peux allaiter sans me réveiller complètement. En plus c’est un peu moins cher, dans notre cas. Je dis “dans notre cas”, parce qu’avec l’essor de l’allaitement, il y a aussi eu un essor du marché des accessoires d’allaitement. Entre les coussins d’allaitement, les soutien-gorges d’allaitement, les hauts d’allaitement, ça peut vite revenir aussi cher que l’achat de lait en poudre, surtout quand on n’allaite pas très longtemps. Mais personnellement, je n’ai acheté ni coussin d’allaitement, ni hauts d’allaitement. Un coussin ordinaire, ou pas de coussin du tout, fonctionne aussi — en plus je n’allais pas trimballer de coussin chaque fois que je sors ! — et on peut très bien allaiter en soulevant un t-shirt, sans montrer ses seins à tout le monde, je l’ai fait dans le train il y a quelques jours.

Mais le même critère de simplicité fait qu’on n’a pas souhaité investir dans des couches lavables, on fait déjà bien assez de lessives comme ça (d’ailleurs, existe-t-il des études qui montrent que le lavage et relavage de couches lavables pollue moins que l’utilisation de couches jetables ?). Pour d’autres choses, on n’en ai pas vu l’intérêt. J’ai probablement eu de la chance, mais mon suivi de grossesse “traditionnel” et mon accouchement “traditionnel” m’ont semblé très bien comme ça. Et j’aime mon travail, j’aime aussi le bon salaire qui va avec. Je ne me sens pas prête à y renoncer, même temporairement, ou à passer à temps partiel, pour m’occuper de ma fille. J’ai le même genre de job que Sasa, et je partage largement son opinion sur le maternage et la conciliation entre vie privée et vie professionnelle.

Chacun (chacune) fait comme il veut, et surtout comme il peut, avec ses enfants. Au moment de laisser bientôt ma petite chérie à une quasi-inconnue pendant que je retournerai au bureau, c’est vrai que je fantasme un peu sur le congé parental / le quatre cinquièmes, parfois… Mais la nounou qu’on a choisie nous semble très bien, très compétente, expérimentée, dynamique, et M sera bien avec elle. Pendant ce temps, je continuerai à avoir une carrière et je pourrai montrer à M qu’on peut être une mère de jeunes enfants et avoir des responsabilités professionnelles. Et au fond, c’est pour moi le plus important. Même si, pour un éventuel 2e, j’aimerais beaucoup avoir un job plus sédentaire, moins en open space, pour pouvoir tirer mon lait au bureau…

Publié par : Marie | 23 février 2012

Madame ou Madame

ça y est, “Mademoiselle” va disparaître des formulaires administratifs. Vont aussi disparaître les “nom patronymique” et “nom d’épouse”, au profit de “nom de famille” et “nom d’usage”. Je suis toute surprise que cette cette revendication ait abouti, au vu des railleries qu’avait suscité la campagne “Madame ou Madame” des Chiennes de garde et d’Osez le féminisme. Et j’en suis aussi très contente. Parce que :

- oui, la présence de deux cases “Madame” et “Mademoiselle” est discriminante, parce qu’elle revient à demander aux femmes, et uniquement aux femmes, d’indiquer un renseignement qui est de l’ordre de la vie privée (le fait d’être mariée ou pas). Sachant, que, de plus, rien n’interdit à une femme célibataire de cocher “Madame”, puisque le terme “Mademoiselle” est une pure coutume sans réalité juridique. Quand l’administration a besoin de connaître la situation matrimoniale d’une personne (par exemple pour le calcul de l’impôt), elle ajoute fort intelligemment des cases “célibataire”, “marié ou partenaire d’un PACS”, etc.

- oui, “Madame” et “Mademoiselle” introduit des complications inutiles. Actuellement, quand on indique des renseignements qui semblent contradictoires à l’administration, elle se permet souvent de corriger. Il m’est arrivé plusieurs fois de cocher “Madame”, puis d’indiquer mon nom, en laissant en blanc le “nom d’épouse” puisque je ne porte pas le nom de mon mari, et de m’apercevoir que l’administration s’était permis de m’enregistrer comme “Mademoiselle”… J’ai aussi entendu plusieurs fois “ah ben si vous portez pas le nom de votre mari on peut pas mettre Madame, le logiciel veut pas, si on veut Madame on doit mettre un nom d’épouse différent du nom de jeune fille”.

- oui, cette distinction est anachronique : par exemple aujourd’hui, près de la moitié des enfants naissent de couples qui ne sont pas mariés. Mais ma voisine, qui a 50 ans et qui est mère de famille, se voit affubler d’un “Mademoiselle” par l’administration… De même pour les partenaires de PACS.

- non, le nom “de jeune fille” n’est pas, comme pourrait le laisser penser ce terme, un nom temporaire, qu’on perd en se mariant. C’est votre nom de famille pour la vie, celui qui figure sur les registres d’impôts et les listes électorales. Il existe deux cas où une personne change réellement le nom : si elle fait l’objet d’une adoption plénière, ou si elle demande à un tribunal de changer de nom parce qu’elle s’appelle Ducon, ou Hitler… Une personne, homme ou femme, qui est mariée et utilise le nom de son conjoint porte un nom d’usage.

- non, “nom de famille” et “nom patronymique” ne sont pas synonymes. Le nom de famille n’est pas nécessairement “patronymique”, ça peut être celui de la mère, y compris lorsque les parents sont mariés — c’est le cas chez nous, notre fille porte mon nom.

- non, “nom d’épouse” et “nom d’usage” ne sont pas synonymes non plus. Il existe plein de cas de personnes qui portent un nom d’usage indépendamment du fait d’être mariées ou pas. Par exemple mon amie N, qui a un nom polonais très difficile à prononcer et a pris comme nom d’usage celui de son beau-père, français. Ou mon camarade de promo J, qui a deux particules mais n’en utilise qu’une au quotidien, parce que c’est plus simple pour son adresse mail professionnelle en prénom.nom.

- non, cette réforme ne vous empêche absolument pas de vous faire appeler Mademoiselle par votre banquier / boulanger / employeur / gardien d’immeuble / club de sport. Elle ne concerne que les formulaires administratifs.

- oui, plein d’autres pays, y compris francophones, ont déjà adopté de telles réformes et tout se passe bien chez eux.

- non, effectivement, ça ne réduira pas les inégalités salariales entre les hommes et les femmes. ça ne les augmentera pas non plus. ça n’aura pas d’influence non plus sur les avortements sélectifs de filles et les infanticides sélectifs de filles en Asie, ni sur l’utilisation croissante du viol comme arme de guerre, ni sur le taux de scolarisation des filles en Afrique. Je remarque d’ailleurs que les gens qui s’insurgent qu’on milite pour un “détail” comme l’abolition de Mademoiselle alors qu’il y a des causes plus importantes ne militent souvent pas non plus pour ces causes plus importantes.

Mais si vous pensez que cette histoire de Mademoiselle est futile et qu’il y a des combats féministes plus importants à mener, allez-y, les femmes vous en seront reconnaissantes. Même chose pour les combats pas féministes, d’ailleurs. Mon amie E qui distribue des sandwichs aux SDF de son quartier ne dédaignera pas votre aide. Les associations qui acheminent de l’aide humanitaire en Syrie sont preneuses de vos dons également.

Et tout ça me rappelle une autre info, passée un peu inaperçue hier derrière l’annonce de la suppression de “Mademoiselle” : les chrétiens (dont moi) sont entrés hier dans le Carême. J’en parlerai dans un prochain billet…

Publié par : Marie | 7 février 2012

“C’est long, un accouchement ?”

Allez savoir pourquoi, la durée de mon accouchement est une des choses que mes amis me demandent le plus souvent, à quasi-égalité avec “ça fait mal ?” et le poids de la petite chérie (3,7 kg à la naissance, si vous voulez savoir).

Vous noterez que mes amis ne me demandent pas si j’ai eu une épisiotomie. Ils sont bien élevés mes amis, ou alors c’est parce qu’ils sont à table. Il faut avouer que ça ne me manque pas, comme sujet de conversation.

Donc la durée de l’accouchement. Je ne sais jamais trop quoi leur répondre, d’autant plus que la plupart de mes amis n’ont pas d’enfants et que tout ça est souvent un peu flou pour eux. Est-ce qu’on compte à partir de la première contraction ? A partir de l’arrivée à la maternité ? Ou juste le temps où on pousse ? Non parce qu’il existe, apparemment, une compétition de durée d’accouchement très précise : à qui aura le plus long, ou le plus court. “Ma copine A ça a duré que 30 minutes pour son premier !” ça m’étonnait un peu quand même, et l’ami en question a fini par préciser que l’expulsion a duré 30 minutes, c’est déjà beaucoup moins exceptionnel.

Donc j’ai tendance à répondre “non, c’était pas très long” et quand on entre dans les détails tout le monde trouve que, quelle horreur, mais ça a dû être interminable !

Ben pas tant que ça en fait. Sur les gentils conseils de ma belle-mère, je m’étais munie d’un livre. On avait aussi emporté l’iPad pour avoir de la musique, et mon mari m’a tenu compagnie une grande partie du temps. Tout ça a permis une nuit blanche somme toute pas si longue, un peu dans une bulle… Les premières heures, à part quand je sonnais, personne n’est venu me voir. Mais j’ai quand même le souvenir d’UN TRUC interminable : le tensiomètre.

On m’a posé un monitoring quand je suis arrivée, et pris la tension. Et puis… l’infirmière a laissé le tensiomètre. J’entendais en continu le coeur de ma fille, je pouvais suivre les contractions sur le papier que le sismographe-monitoring crachait régulièrement, et puis, à intervalles réguliers, le tensiomètre se serrait sur mon bras, prenait ma tension et se relâchait. Toutes les demi-heures.

Or, il faut savoir que, quand l’un des paramètres mesurés dépasse la fourchette “normale”, notre ami sismographe-monitoring s’inquiète. Il manifeste son inquiétude en émettant des bips un peu longs, aigus, assez angoissants en fait.

Il faut savoir aussi que le tensiomètre serrait très fort mon bras et me faisait mal. Donc au moment où je le sentais se resserrer, j’appréhendais la douleur. ça plus le fait que, euh, j’ai des contractions qui font un peu mal aussi, et dans quelques heures il va falloir que j’expulse un bébé, ça faisait passer ma tension juste un peu au-dessus de la limite de l’ami sismographe. Donc, au moment où le tensiomètre se relâchait et où ma tension s’enregistrait, le sismographe faisait sagement son job et se mettait à bipper.

Au bout de quelques occurrences de ça, je n’appréhendais plus seulement la douleur, mais aussi l’horrible bip. Parce que je sais bien, moi, que ça bippe à cause de ma tension et que c’est pas grave, mais qu’est-ce qu’il se passerait si le coeur de mon bébé arrêtait de battre pendant que la machine bippe ? Comme elle est déjà en train de s’agiter pour ma tension, je ne me rendrais même pas compte que quelque chose d’autre va mal, et je n’appellerais peut-être pas à temps ?

Plus prosaïquement, cette saloperie de tensiomètre qui serre fort et bippe m’empêchait aussi de suivre le conseil de l’infirmière : “essayez de dormir”. Moi, la lumière + le bruit + me faire étrangler le bras, c’est pas les conditions optimales pour que je m’endorme…

Et donc, plus d’une fois sur deux, la prise de tension résultait en bips aigus. Heureusement, au bout d’un moment, je ne sais plus quand, l’infirmière a eu pitié de moi et a jugé que ce n’était pas nécessaire de me laisser harnachée au sismographe, étant donné que le coeur de mon bébé était régulier et mes contractions aussi.

Et encore plus tard, à quatre heures du matin, elle m’a annoncé que je pouvais passer en salle d’accouchement. A ce stade-là, je m’en fichais, Tout ce qui m’importait, c’était que “salle d’accouchement” voulait dire “péridurale, enfin !”

Publié par : Marie | 21 janvier 2012

Un mois de lait

Aujourd’hui ma fille chérie a un mois. Elle est vraiment chez elle dans l’appartement maintenant, elle a pris sa place, s’est étalée un peu partout, dans le salon où on a placé son lit, dans la salle de bains où son père la baigne, dans notre chambre où elle a son armoire qui se remplit des cadeaux de nos amis.

Cela fait un mois aussi que je l’allaite. C’est à la fois particulièrement satisfaisant, et très frustrant ! On m’avait mise en garde contre les difficultés de l’allaitement, mais je n’ai, exprès, pas voulu me documenter trop sur le sujet avant la naissance de M. Je suis allée au cours de préparation à l’accouchement qui traitait de l’allaitement — très bien fait, comme la plupart des cours dans ma maternité — j’ai lu deux-trois choses sur internet, noté le numéro de la mère d’un ami qui est consultante en lactation, et je me suis dit “on verra bien”.

La mise en route de l’allaitement s’est super bien passée. La puéricultrice qui s’est occupée de nous les deux premiers jours à la maternité m’a montré des positions d’allaitement, a admiré M qui tétait goulûment, et a écrit la première ligne de la petite fiche de suivi qu’on a alimenté pendant tout le séjour : 16h, mise au sein, a très bien tété. Elle a contribué à me donner une énorme confiance en moi. L’autre contributrice, et non des moindres, a été ma fille, qui a tété tout de suite très facilement, avec beaucoup de plaisir, et a rapidement repris du poids.

Je n’ai pas échappé à tous les désagréments : j’ai eu des crevasses les premiers jours, vite résorbées grâce à la crème recommandée par mon amie V. J’ai aussi eu, une fois, les seins engorgés, et comme je n’ai pas compris tout de suite ce qui m’arrivait j’ai passé une demi-journée bien désagréable au lit avec de la fièvre.

Mais l’allaitement est, pour l’instant, un moment agréable pour M et pour moi, qui lui apporte ce dont elle a besoin, enfin je crois, et me donne à moi l’impression d’être une super-héroïne capable de nourrir et de faire grandir ma petite grenouille. Avant d’avoir un enfant, j’aurais trouvé cette phrase très niaise, mais ça continue à me fasciner d’être capable de m’occuper d’elle !

Cela étant, il faut quand même avouer qu’il y a des jours avec et des jours sans. Par exemple, quand la pédiatre a pesé M et qu’on a trouvé toutes les deux qu’elle n’avait pas pris beaucoup de poids depuis trois semaines, alors qu’elle avait bien grandi. “Si ça perdure dans un mois, il faudra lui donner des biberons de complément”. Argh. Alors que depuis quelques jours j’avais justement l’impression que M tétait toute la sainte journée, réclamait à nouveau très vite après avoir mangé, et me pompait toute mon énergie…

Pomper, tiens, parlons-en, je n’avais aucune idée que l’utilisation d’un tire-lait puisse être si laborieuse au début…

Sans oublier tous les gens gentils mais avides de résultat qui me demandent si M fait ses nuits. Ben non, pas encore, mais elle ne les fera pas davantage si vous me posez tous la question tous les deux jours…

Mais ce qui est sympa avec l’allaitement, c’est qu’on trouve des alliés parfois inattendus mais toujours très bienvenus. Comme par exemple :

- mon amie E qui est allée m’acheter un soutien-gorge d’allaitement quand j’étais coincée chez moi la première semaine

- ma banquière qui, en entendant M réclamer à manger au milieu de notre rendez-vous, m’a gentiment prêté un bureau vide pour que je puisse la nourrir

- les copines de Twitter qui traversent la même chose que moi et avec qui c’est bien sympa d’échanger

- le site de la Leche Ligue, eh oui, qui m’a beaucoup aidée. Merci Mia de me l’avoir conseillé. Je me méfiais un peu de leur côté “militant”, je continue à ne pas adhérer à toutes leurs prises de position, mais il faut reconnaître qu’ils rassemblent plein de ressources utiles. Et les articles que j’ai lus sont très pédagogiques, expliquent non seulement comment faire mais aussi pourquoi, ce qui est très important pour moi.

Pour la suite, je ne sais pas encore. Je reprends le travail dans deux mois. En théorie, je continuerai à allaiter M jusque-là, et je maintiendrai ensuite une tétée le matin et une le soir, et éventuellement davantage le week-end si c’est possible. Le reste du temps… je vais essayer de faire quelques stocks de lait maternel pour qu’elle puisse en recevoir en mon absence, mais je ne pense pas pouvoir tirer de lait à mon travail, donc ça ne suffira pas et on complétera avec du lait en poudre. On verra.

Je dis beaucoup “on verra” ces temps-ci, je me suis rendue compte que c’est, pour mon mari et moi, une caractéristique de la parentalité. Les principes abstraits laissent la place à “ce qui fonctionne pour notre enfant et nous”. C’est un peu la devise de la Poule Pondeuse, une autre ressource de choix sur internet, que je lis de plus en plus : “avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants” !

PS amusant : en cherchant la Leche League sur Google, le premier lien sponsorisé qui s’affiche en haut de la page dirige vers… le site d’un fabricant de lait en poudre !

Publié par : Marie | 11 janvier 2012

ça va ?

Voilà une question que je déteste. Comme la plupart des gens (enfin je crois), quand on me demande si ça va, je me mets en pilote automatique pour répondre “oui oui, bien et toi ?”. Y compris quand, en fait, ça ne va pas du tout. Parce que la question est tellement rituelle que les gens qui la posent ne s’intéressent pas vraiment à la réponse. Ou parce que je ne veux pas attirer l’attention — et les conseils ! — quand je ne me sens pas bien.

Or, j’ai constaté que juste après un accouchement c’est une question à laquelle les jeunes mères ont souvent droit. Enfin, dans le cas où elles ne sont pas soudain devenues invisibles pour les visiteurs obsédés par le bébé :)

Donc les infirmières de la maternité m’ont demandé si ça allait. Les puéricultrices m’ont demandé si ça allait. Mon médecin m’a demandé si ça allait. Mon mari m’a demandé si ça allait. Chacun de mes parents m’a appelé tous les jours et demandé 4 fois par appel si ça allait. Mes amis… Bref, vous voyez le topo.

Je crois que c’était le troisième jour après la naissance que j’ai fini par dire à mon mari “ben en fait non, ça va pas trop. Je suis super fatiguée, pas encore très mobile, et le plus fatigant c’est de faire gaffe à ne pas inquiéter tous les gens pleins de bonne volonté qui me demandent tout le temps si ça va”.  ça décrit assez la sensation que j’ai souvent eue depuis trois semaines que ma petite chérie est née.

Je n’ai rien eu de grave, pas de “vrai” problème de santé, pas d’accouchement spécialement compliqué ou de baby blues de dingue. Et en plus, ma fille est un amour et mon mari s’occupe beaucoup et très bien d’elle. Mais je me suis rendue compte que, même en étant jeune, en bonne santé, et après une grossesse qui s’est très bien passée, j’avais vraiment besoin de repos et d’un peu de temps pour m’adapter à la nouvelle configuration de la famille. Et apprendre à m’occuper d’un bébé. Je ne suis pas la seule : le chat a eu du mal aussi à se faire à la nouvelle arrivante, tant et si bien que j’ai eu le privilège de passer aussi pas mal de temps chez le vétérinaire avec lui.

Et MarineCécile et les autres ont raison, les visites c’est crevant. Pour la maternité, tout s’est bien passé, deux visites en tout et pour tout. C’est l’avantage de : 1. accoucher à la période de Noël où tout le monde est parti en vacances ; 2. avoir désamorcé le sujet en avance avec la famille et les amis en leur expliquant gentiment qu’on sera très heureux de les voir ensuite chez nous. Non, en fait, ce que je n’avais pas anticipé c’est que les visites à la maison, ça peut beaucoup fatiguer aussi. Surtout quand il y a plein de gens et/ou qu’ils restent longtemps et/ou qu’on a en plus la super idée de vouloir sortir avec un nouveau-né.

Résultat, dimanche je me suis retrouvée au lit avec une grosse migraine et de la fièvre, alors que plein de gens étaient venus voir M. Et me voilà comme une crétine à leur dire à tous que ” non non ça va, vous inquiétez pas, je suis juste un peu fatiguée”, au lieu de “mais laissez-moi dormir !”

Donc voilà. Non, ça ne va pas toujours. Il va juste falloir que j’arrive à le dire.

Publié par : Marie | 5 janvier 2012

M est née !

Eh bien voilà… notre fille prévue pour le jour de Noël aura finalement eu quelques jours d’avance. Elle est arrivée comme une fleur le 21 décembre, avec ses 3,7 kg de mignonitude, son joli sourire — mais oui, parfaitement, elle a deux semaines et elle sourit aux anges ! — ses cheveux bruns et ses grands yeux curieux d’explorer le monde.

Evidemment, elle est parfaite. Elle est belle, éveillée, toute calme la nuit, elle mange bien, elle adore les câlins dans les bras de ses parents. Elle n’aime pas trop le bain, mais comme ça se termine par le brossage de cheveux elle le tolère. Elle commence à comprendre le concept du pouce. Enfin du poing. Enfin que, quand on suce son poing, de temps en temps il y a un ou plusieurs doigts qui dépassent et que c’est plus pratique à mettre en bouche que le poing entier…

Son père et moi sommes très heureux. Et très fiers d’avoir fabriqué une petite merveille. Et aussi très reconnaissants à l’équipe de la maternité qui a été top tout au long de la grossesse et de notre séjour.

Comme dit son père, elle est née le jour du solstice, donc maintenant chaque jour apportera un peu plus de soleil dans nos vies.

Publié par : Marie | 20 décembre 2011

“Tu verras quand tu auras des enfants”

Tout le monde a déjà entendu ce genre de formule. La dernière fois, me concernant, c’était au moment du meurtre de la jeune Agnès par son camarade d’internat. Je l’ai aussi entendu pas mal, avant d’être enceinte, quand j’exprimais mon opinion sur l’allaitement ou la fessée. Et comme la plupart des gens, ça m’exaspérait tout particulièrement ! Pourquoi une personne sans enfant ne pourrait pas avoir d’avis sur les enfants ? ça me semble aussi bizarre que si on demandait à un médecin d’avoir eu un cancer pour pouvoir traiter des cancers. Dans le même genre, une fille que je connais discutait philosophie avec des connaissances, et s’est vu répondre, en substance “ton avis sur la philosophie n’a aucun intérêt parce que tu es avocat d’affaires”.

Mais depuis quelque temps, je suis confrontée au phénomène inverse : des amis (souvent des hommes), célibataires et sans enfants, qui me posent des questions très précises sur l’éducation que je veux donner à M, et profitent de mes réponses pour me faire la morale et affirmer qu’IL FAUT absolument que je fasse tel ou tel truc. Par exemple :

- Tu vas l’allaiter ?

- Je pense que oui. On verra.

- Attends, c’est SUPER IMPORTANT d’allaiter les enfants, les études ont montré que ça leur donnait plein d’anticorps et que ça renforçait leurs défenses immunitaires ! [et là je visualise les petits personnages-enzymes de la pub Actimel...] Moi ma mère nous a tous allaités, et on a toujours été en bonne santé ! Franchement, je comprends pas les femmes qui allaitent pas leurs enfants.

Ou encore :

-Tu as acheté un stérilisateur pour les biberons ?

- Ben non, les sages-femmes m’ont dit qu’en général ce n’était pas nécessaire de stériliser les biberons, sauf avis médical particulier.

- Quoi ? Ma mère pense que c’est indispensable de stériliser les biberons, tu veux quand même pas exposer ton enfant à des MICROBES ?

- Ben tu sais, il paraît que les microbes se développent justement beaucoup plus vite dans les environnements stériles. Et puis le lait maternel, par exemple, c’est pas stérile mais pas dangereux pour autant.

- Moui. Il faudra que tu demandes aux professionnels à la maternité, quand même.

[in petto : puisque je te dis que c'est eux qui m'ont conseillé de ne pas stériliser les biberons !]

- Et vous prendrez quoi comme eau pour faire les biberons ?

- De l’eau du robinet.

- Mais c’est plein de saloperies l’eau du robinet !

- Tu sais, moi je ne bois que de l’eau du robinet, donc pendant la grossesse elle en a déjà absorbé pas mal… En plus de nos jours l’eau de Paris est très bonne.

Bon, j’en aurais d’autres (le chauffe-biberon, le parc, l’école publique vs privée, l’achat soi-disant indispensable d’une voiture, etc.) mais vous avez compris le principe… Franchement, ma mère et ma belle-mère sont exemplaires pour ce qui est de s’abstenir de conseils intempestifs, alors pourquoi mes amis pensent devoir me faire bénéficier de leur propre sagesse — ou plutôt, souvent, celle de leur mère à eux ?

C’est très gentil de vouloir m’aider à prendre des décisions, mais :

1. la plupart du temps, les conseils arrivent sans que je les demande

2. les mères de mes amis ont, pour la plupart, eu des enfants il y a environ 25 ans, et il y a eu beaucoup de découvertes sur la puériculture depuis (style : faire dormir un bébé dans une gigoteuse fait diminuer significativement les risques d’étouffement par rapport à l’utilisation de draps et de couvertures). Par conséquent, même avec les meilleures intentions du monde et en étant persuadés d’avoir raison, ils risquent de donner des conseils mal adaptés

3. surtout, le conseil ne me dérange pas forcément en soi, ce que je n’aime pas c’est les “IL FAUT” (dédicace Mia), l’idée plus ou moins explicite que je suis une mauvaise mère si j’agis de telle ou telle manière… Et là, j’avoue que ça m’énerve encore plus venant de gens qui n’ont pas d’enfants eux-mêmes, et qui n’ont donc qu’une conception théorique de tout ça. Un peu comme quand un homme m’explique que, “pour le bien des enfants”, c’est absolument indispensable que leur mère ne travaille pas

4. je constate quand même que c’est presque exclusivement moi qui me fais emm… avec les conceptions de nos amis sur l’éducation de nos enfants. Mon mari est très peu confronté à l’avalanche de bons conseils. Un peu comme si on pensait que l’éducation des enfants est exclusivement la responsabilité de leur mère…

Donc voilà. De temps en temps, je commence à avoir envie de dire “tu verras quand tu auras des enfants”. Mais je suis bien élevée, je me retiens.

(PS hors sujet : on peut se tutoyer dans les commentaires ! Pourquoisecompliquerlavie et moi nous vouvoyons, mais c’est parce que nous nous vouvoyons dans la vraie vie, pour les autres on peut se dire tu !)

Publié par : Marie | 12 décembre 2011

Président de la République ou pilote de chasse

Mon mari et moi parlons souvent de l’avenir de notre fille, des valeurs que nous voulons lui inculquer, de son éducation. Comme le dit mon cher époux, avoir un enfant c’est bien, mais c’est plutôt de l’adulte qu’elle sera que nous devons nous préoccuper.  Quelle personne sera-t-elle à 30 ans ?

C’est très important pour nous qu’elle puisse faire tout ce qu’elle veut de sa vie. Nous voulons absolument qu’elle sache que le fait d’être une femme n’est en rien un obstacle pour devenir astronaute, Président de la République, berger, pilote de chasse, tout ce qu’elle voudra.

Et aujourd’hui deux moments sans aucun lien m’ont refait penser aux pilotes de chasse.

Le premier, c’est un appel de ma mère, qui m’a raconté toute joyeuse qu’elle avait trouvé le livre de Valérie André, “Madame le Général” et avait commencé à le lire. Valérie André est une dame de presque 90 ans qui a été, en 1976, la première femme général de l’armée française. Elle a servi dans l’Armée de l’Air, notamment en Indochine et en Algérie. Elle est très active dans les groupes de réflexion de l’armée sur la féminisation.

C’est aussi une parente éloignée de ma mère. Elles ne se sont jamais rencontrées, mais ma mère m’a toujours raconté qu’elle avait une grande-tante général, et ça m’a toujours fascinée. D’ailleurs, pour je ne sais quelle raison, moi l’intello pacifique, je suis fascinée par les histoires d’aviatrices, de femmes militaires…

Et donc, ma mère me raconte que, dans le livre, Valérie André revient sur son enfance dans les années 1920-1930, au sein d’une famille de 9 enfants. Un jour où la petite Valérie va faire les courses pour la famille, sa mère lui aurait dit “prends 12 côtelettes, 6 petites et 6 grandes”. La petite fille demande “pourquoi des petites et des grandes ?” “Les petites pour les filles, les grandes pour les garçons”, répond sa mère. Valérie va faire les courses et revient avec… 12 côtelettes moyennes. De même, me raconte ma mère, elle a organisé une révolution domestique pour que les corvées ménagères, allouées uniquement aux filles de la famille, soient dorénavant partagées à égalité avec ses frères.

Par la suite, la jeune Valérie fera des études de médecine, qui la mèneront à encadrer médicalement des formations de parachutisme. Elle essaiera le parachutisme et voudra devenir pilote militaire. C’est interdit aux femmes dans les années 1940, mais l’interdiction sera levée avec la guerre d’Indochine. (bon, je ne vais pas faire une biographie complète, il y a pas mal d’infos sur elle sur Internet si ça vous intéresse).

Je suis très impressionnée par le parcours de cette femme, tous les obstacles qu’elle a surmontés, les dangers qu’elle a affrontés. Je pense qu’elle sera un des modèles que ma mère et moi voudrons proposer à ma fille. Et puis, même si nous ne l’avons jamais rencontrée, le fait qu’elle soit une tante éloignée me la rend un peu plus proche, un peu plus réelle…

Et ce soir, alors que je repensais à ça, je tombe complètement par hasard sur ce documentaire sur les femmes pilotes de chasse. Il se dégage de ces femmes plein d’énergie, de bonne humeur, de sens du travail bien fait. Evidemment, un réalisateur de documentaire sur des femmes pilotes de chasse essaiera de faire ressortir ce qui les distingue de leurs camarades masculins, et les femmes du documentaire se prêtent plus ou moins au jeu. Mais à écouter Anne-Laure, qui commande un escadron au Tchad, j’en retire plutôt l’impression que, oui, OK, elle est une femme (un bikini rose sèche dans sa chambre et on apprend que certains de ses hommes la surnomment “Maman”), mais elle est avant tout capitaine de l’Armée de l’air. Elle a une responsabilité importante envers son escadron, et tout le monde, elle la première, se fiche de questions de genre une fois sur le terrain.

J’aime bien cette attitude. Oui je suis une femme mais on ne va pas en faire toute une histoire, on a du travail sérieux qui nous attend. C’est le comportement que j’ai essayé d’adopter au bureau, à mon petit niveau, pendant ma grossesse. Il me semble qu’il existe beaucoup d’injustices graves envers les femmes, et qu’il faut les combattre, mais que ça implique aussi de ne pas se cacher derrière sa féminité pour en faire moins qu’un homme dans une situation similaire. On ne peut pas jouer sur les deux tableaux, réclamer l’égalité et jouer la faible femme quand ça nous arrange…

Et donc, tout ça pour dire ? Que je réfléchis beaucoup à mon rôle de mère. Aux femmes autour de moi (et aux hommes, aussi) qui m’inspirent et que je veux faire connaître à ma fille, pour lui permettre de choisir sa voie parmi toutes celles possibles, ou d’en créer une entièrement nouvelle si elle le souhaite.

Et dans cinq ans, il y a fort à parier que je m’arracherai les cheveux devant son obsession du rose, des paillettes et des poneys :)

Publié par : Marie | 8 décembre 2011

Attendre un enfant

C’est mon activité principale depuis quelques jours. Enfin, littéralement : j’attends. Depuis que je suis en congé maternité j’ai cherché des activités, et j’en ai trouvé : des cours de préparation à l’accouchement, des rendez-vous médicaux, des déjeuners avec des amis, des petits gâteaux de Noël, une expo, des tâches ménagères (plus que d’habitude, je suis à la maison après tout !), le rangement de l’appartement. J’ai même acheté des magazines de greluche, ce qui m’a donné l’occasion de me souvenir pourquoi je n’en lis pas d’habitude…

Mais surtout, j’attends. Mon agenda est de plus en plus vide pour les jours et semaines qui viennent, je ne m’engage plus trop, je réponds “peut-être”. C’est assez difficile de ne pas trop lire sur la grossesse, l’accouchement, les nouveaux-nés. Et mes amis me parlent beaucoup du bébé, évidemment, donc je me retrouve à débattre de stérilisation de biberon avec un copain sans enfant qui travaille dans la finance — qui a un avis très tranché sur la question !

Il reste environ deux semaines. J’ai peur. Je sais que c’est idiot, je fais confiance à l’équipe médicale, ils connaissent leur métier et sont sympas en plus, mais je ne peux pas m’en empêcher. ça doit être une des fonctions du congé maternité, de donner du temps pour réfléchir, pour prendre conscience de la responsabilité exorbitante qu’on s’est engagé à prendre envers son enfant. Cela dit, si ma fille voulait bien arriver assez rapidement, ça me soulagerait !

Publié par : Marie | 29 novembre 2011

Avent

Dimanche, c’était le premier dimanche de l’Avent. Le mari et moi avons donc fait ce que nous faisons chaque année à cette période : déballé et monté la crèche ! On l’a fait dans chacun de nos appartements, même le micro-studio où on n’avait de place pour rien… On a aussi ressorti les playlists Spotify de chants de Noël, j’ai commencé à compulser mes livres de recettes de Bredele, il faut qu’on envoie nos invitations pour la soirée de Saint-Nicolas qu’on va organiser…

Pour moi, Noël, c’est une affaire sérieuse. Il faut dire que j’ai grandi en Alsace. Cet été, nous avons visité une cave à vin où était organisée une exposition sur les arômes du vin : pour chaque type d’arôme (fruits rouges, cuir, épice…) un bocal en verre renfermait un ensemble de fruits, fleurs, denrées diverses dont l’odeur combinée donnait l’arôme considéré. J’ai senti celui intitulé “épices” et me suis exclamée : “oh, ça sent Noël !” Noël, ça sent la cannelle, le gingembre, l’orange, le vin chaud, le chocolat, l’anis… et évidemment, en tant que catholique pratiquante, Noël est la célébration de la naissance de Jésus. C’est aussi le moment où, normalement, on se retrouve tous en famille. En général, le mari et moi essayons de rassembler nos deux familles à un même endroit, soit chez mes parents, soit chez ses grands-parents, pour Noël.

Mais cette année ce sera particulier : comme notre fille est officiellement prévue pour le 25 décembre, nous avons décidé de passer Noël à Paris tous les deux — ou trois, le cas échéant — tandis que nos parents et grands-parents fêteront Noël chacun chez eux. Ce sera notre premier Noël à Paris, et notre premier Noël sans nos familles, expérience intéressante en vue. Ou alors, je passerai Noël à la maternité avec M et mon mari rejoindra des amis à nous qui font une soirée des chats perdus :) Pour la famille, on se rattrapera au baptême de M, qui est prévu pour le 8 janvier. En fait, ce sera à l’espagnole, on va fêter les rois !

Du coup, même si c’est un peu tôt, nous avons réfléchi à comment nous fêterons Noël en famille par la suite. M est le premier petit-enfant des deux côtés donc elle sera probablement la star de la fête quoi qu’on y fasse… Mais comme nos deux familles sont catholiques, je pense que nous arriverons quand même à éviter la débauche de cadeaux, et surtout le Père Noël.

Nous sommes très fermes là-dessus, pas question de la faire croire au Père Noël. Déjà, parce que pour nous Noël est une fête religieuse avec un vrai sens beaucoup plus fort que le marketing du Père Noël. Nous avons décidé de faire baptiser M dès que possible et de lui faire partager notre foi, ce n’est sûrement pas pour lui raconter des histoires de Père Noël.

Noël est la naissance du sauveur envoyé par Dieu, qui s’est fait tout petit, est né parmi les pauvres après que ses parents ont été rejetés de toutes les auberges (eh oui petite M, certains enfants n’ont pas ta chance, au lieu d’une chambre douillette chez une famille aimante ils dorment dans la rue…) et a vécu toutes les expériences de la vie humaine avant de se sacrifier pour les hommes. Les cadeaux de Noël, c’est en référence aux cadeaux des mages : l’or, l’encens, la myrrhe. Ces cadeaux font l’objet de plusieurs interprétations possibles, dont l’une des plus courantes est : l’or symbolise la royauté de Jésus, l’encens est l’attribut traditionnel du prêtre, la myrrhe est utilisée pour embaumer les morts et rappelle donc la mort de Jésus sur la croix.

J’aime bien les mages, d’ailleurs. Dans la Bible rien n’indique qu’ils soient rois, ils sont plutôt présentés comme des sages, des astronomes — rien n’indique non plus qu’ils soient trois, on estime traditionnellement que c’était le cas parce qu’ils offrent trois cadeaux. Ce sont des païens, mais ils font le long voyage de leur pays à Bethléem pour voir Jésus parce qu’ils ont “vu son astre à son lever et [sont] venus lui rendre hommage” (évangile selon Matthieu, chapitre 2, verset 2 — je découvre à cette occasion que Matthieu est le seul évangéliste à mentionner les mages). L’étoile les précède et leur indique où se trouve Jésus. Je trouve que c’est une belle illustration de foi : ils ne sont pas juifs, donc même s’ils ont lu les prophéties sur le Messie ils n’y croient pas, a priori, mais cette étoile leur suffit pour se mettre en route et venir honorer Jésus. Avec des cadeaux qui ont une signification spirituelle, pas trois tonnes de jouets en plastique couinant et de peluches avec lesquels il ne jouera pas. Je préfère très largement raconter à M cette histoire à laquelle je crois plutôt que le folklore d’un vieux barbu en costume rouge dans son traîneau tiré par des rennes. Qui n’est d’ailleurs qu’un avatar de Saint Nicolas, lequel continuera à avoir droit à sa fête dédiée chez nous.

Au-delà de ça, je pense que j’éviterais le Père Noël avec M même si nous n’étions pas croyants. Parce que c’est un mensonge, et que j’ai envie d’apprendre à M que c’est mal de mentir. Donc il faut que nous, ses parents, donnions l’exemple. Et même d’un point de vue purement utilitariste, pourquoi éroder notre capital de crédibilité auprès d’elle avec un mensonge aussi inutile que celui du Père Noël ?

Donc voilà, dans toute la mesure du possible Noël chez nous ce sera, dans l’ordre : la célébration de la naissance de Jésus, se retrouver en famille. Et puis bouffer !

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